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Monographie

 

de la commune

 

de

 

LAPUGNOY

 

Avant Avant propos

 

Ces pages  proviennent  de la recopie partielle manuscrite de cahiers originaux  rédigés  par le père  Coudronne  curé de LAPUGNOY de 1906 à 1915   Ces originaux ont depuis  disparu.

 

De façon à respecter les souhaits de l’auteur dans son avant propos mais aussi parce que LAPUGNOY a été le berceau de la famille MANIEZ, j’ai entrepris la saisie informatique de ce manuscrit  pour qu’il puisse être facilement diffusable et communiqué à toute personne intéressée. . Certains mots sont demeurés illisibles et d’autres ont pu faire l’objet d’erreurs de transcription . Veuillez nous en excuser .

Je remercie Michel MANIEZ qui s’est procuré ces cahiers auprès de Mme Corbier qui les gardaient précieusement  .

 Jean Paul MANIEZ

 

 

 

Ce manuscrit de la monographie de LAPUGNOY contient un certain nombre de pages que   St Beuve appelait spirituellement  « provisoires »

 

 

 

Avant propos

 

« C’est une chose ingrate que d’écrire les choses qui se sont passèes » disait l’historien latin  Salluste  « Arduum est res scribere ».  Mais la tache est bien plus dure et plus ingrate d’écrire l’histoire d’un village qui n’a ni passé historique, ni faits bien remarquables, ni curiosités naturelles à son actif,  ou les   archives de la commune sont peu explicites, très sommaires et ne remontent pas bien haut,  ou les vieillards ne savent presque rien du passé.

A différentes reprises déjà, nous nous étions mis à l’œuvre  pour écrire cette histoire, mais chaque fois nous avons reculé, découragé devant la difficulté de l’entreprise, sans toutefois jamais cesser  complètement  nos recherches

Aujourd’hui que les notes recueillies de différents cotés se sont accumulées, nous voulons conserver  les souvenirs qui illustrent notre sol. Car les souvenirs sont comme les morts dont ce serait impie de disperser la poussière au vent et qu’il faut savoir honorer

Passionné par tout ce qui touche au passé, nous n’avons jamais compris l’ignorance et l’indifférence quasi générale qui règnent sur un sujet que chacun devrait connaître ou tout au moins tacher d’apprendre « l histoire de son pays »

Sans doute il est bon, utile, agréable de connaître l’histoire de nos principales villes, mais n’est ‘il pas aussi intéressant, beaucoup plus naturel, meilleur de connaître un peu l’origine, et les faits principaux du lieu ou l’on est né, ou l’on vit, ou du moins ou l’on a vécu ou l’on a de puissantes attaches.

Heureux serions-nous de contribuer à faire connaître cette histoire à la génération présente et aux générations futures.

Ce que nous publions est bien incomplet, sans doute, mais du moins nous aurons ouvert le dur sillon, nous aurons semé le premier grain  d’une maigre récolte et de la viendra peut être  la semence des grandes moissons futures car  nous en avons le ferme espoir, il se trouvera quelqu'un parmi nos successeurs   peut être qui reprendra notre  tache  et pour qui  nos patientes recherches ne seront pas perdues et alors quand nous aurons terminé notre carrière, notre effort demeuré vivant  produira ses fruits pour humanité.

Les longues heures que nous avons vécues dans la compagnie des hommes et des choses d’autrefois n’ont pas été perdues pour nous. Elles ont d’abord étendu notre expérience. Celui qui ne connaît pas le passé aveugle va dans le présent dit un vieux poète espagnol : « quien no sale el passada tiego va el presente »

Elles ont fortifié nos espérances chrétiennes  et en quelque sorte prolongée notre vie en arrière par delà le tombeau sel on une expression célèbre. Ce n’est pas sans motif que nous intitulons ce livre « l histoire de notre paroisse »  et non de notre commune car durant des siècles ce fut autour de l’église  que se maintiennent les seuls groupements durables.

Pour accomplir notre travail, nous avons consulté les papiers de la famille Du Hays, mis gracieusement à notre disposition  par M Alphonse Du Hays , nous avons fouillé toutes les archives de la commune et de la paroisse , les archives de la ville de Béthune , les archives départementales , l’histoire de Robespierre par M Paris, l’histoire des moines de l’abbaye de Chocques par l’abbé  Robert, curé de Grigny,  l’histoire de Divion par l’abbé  ed Bourgeois ,  « les esquisses généalogiques » par M Alphonse Du  Hays, le dictionnaire de la noblesse, le clergé d’Arras, Boulogne et St Omer pendant la révolution de Monsieur de Ramecourt nous ont donné de précieux renseignements , mais surtout les notes et les souvenirs personnels de Mr Emile Legrand , enfant du pays , La direction qu’il nous a donnée nous a été d’un puissant secours. Qu’il veuille bien recevoir ici l’expression  de notre vive reconnaissance ! Nous avons fait dans l’histoire de notre paroisse grand usage des lettres et c’est à dessein car la valeur des lettres au point de vue historique est très grande. Pour notre part nous avons pleinement remonté cette jouissance que Mr le duc de Broglie  a si bien décrite pour l’avoir  heureusement mise en pratique. 

(1)  « des que l’on a goûté une fois les correspondances, on ne croie plus ou on ne se fie plus qu à cela en fait de témoignage historique ; tout autre parait officiel ou suspect, mais en revanche pouvu qu’il soit original et authentique le moindre billet a son prix si le correspondant est  un personnage inconnu, il y a un véritable intérêt à apprendre de lui ce que pensaient des évènements  que nous apercevons dans le lointain, ceux  qui les ont vus se dérouler  devant eux, ceux qui les touchaient pour ainsi dire du doigt et ce commun des hommes qui fait à chaque moment l’opinion publique. Si les détails racontés sont eux insignifiants, il est rare qu’ils ne mettent pas sur la voie de quelque trait de mœurs qui fait assister au train journalier de la vie de ses pères »  

Et maintenant en quelques pages développer, éclairer, échauffer dans l’âme de ses paroissiens, l’amour du clocher, principe et soutien du véritable patriotisme, maintenir ou raviver les saines traditions du passé, appuyer victorieusement la vie noble et droite des ancêtres, aux égarements passagers de leurs descendants, contrariés par des exemples précis tirés du sol natal  ce trop faible engouement pour le progrès moderne qui transporte notre siècle et qui repose le plus souvent sur l’ignorance, le dédain ou l’oubli du bon vieux temps. Puissent ‘elles lutter davantage contre cette centralisation dangereuse qui attire dans les villes toutes les forces vives de la nation et préparer l’avenir par le labeur du présent  et les exemples du passé.

 

L COUDRONNE

(1 ) Mr le Duc de Broglie  Frédéric II et Marie Thérèse  préface 

 

Voltaire a écrit que la fable est la sœur aînée de l’histoire. Ne seraient ‘elles pas plutôt sœurs jumelles ?

L’histoire dit Renan est une pauvre petite science conjecturale

Cela est vrai soit que l’on essaye d’attendre la vérité ancienne ou actuelle 

 

 

L’histoire de notre paroisse

 

Chapitre premier

 

Haute antiquité du village de Lapugnoy

Les différents noms et significations de ses noms

La situation géographique et topographique, forme, orientation, longitude et latitude, altitude

La distance des chefs lieu de canton, arrondissement, du département, de la capitale, description

 

Le village de Lapugnoy remonte, croyons-nous à une très haute antiquité. Il devait exister dès avant le Véme siècle de l’ère chrétienne. Ce qui nous le fait croire, c’est son voisinage de Lozinghem, Gonnehem, Floringhem.

Et le nom de ECK qu’il portait lui-même primitivement.

Les noms de ces trois villages Lozinghem, Gonnehem et Floringhem  rapprochés de Lapugnoy sont  certainement saxons, viennent des saxons, mais à quelle époque doit t’on faire remonter ces noms ? Ici se présente un fait d’une importance extrême. Si vous consultez une carte bien faite et détaillée de l’Angleterre, vous serez frappé du nombre très considérable de noms en « inghem » qui se rencontrent depuis le comté de Kent  jusqu’au Northemberland  et seulement la. Le Cornouaille n’en a guère. Le pays de Galles n’en a pas. Il n’y en a que dans les limites de l’ancienne Heptarchie saxonne.   Mais la ils foisonnent ! On y trouve les Buckingham, Birmingham, Nottingham, et des centaines d’autres  et ce serait une nomenclature  fort longue  que celle qui les comprendrait tous. Disons aussi que des passages de l’histoire  ecclésiastique   des Anglais par Béde  nous prouvent que la terminaison de ces noms fut d’abord « ingaham. Or on sait parfaitement la date de l’invasion saxonne dans la Bretagne : le milieu du Vième siecle. d’autre part la différence légère mais importante pour la question, la différence que l’on remarque entre la terminaison « ham » des noms de lieux en Angleterre et la terminaison « hem » des noms de lieux de la Morinie, nous indique une invasion plus récente chez les Bretons, puisque la forme « ham » est  anglosaxonne tandis que la forme « hem » est  un vieux saxon. Donc nos villages en « inghem » sont plus vieux que le Vième siècle ! Nous pouvons donc conclure que si les villages  de Lozinghem, Gonnehem, Floringhem sont plus vieux que le Vième siècle, il y a tout lieu de croire que le village de Lapugnoy est lui aussi plus vieux que le Vième siècle. Du reste le nom « Eck »  que portait primitivement notre village est lui aussi un nom d’origine saxonne et l’on peut par conséquent faire à son sujet le même raisonnement que fait Mr l’abbé & Van Drival au sujet des noms en  « inghem »(1)

Même avant la période romaine, notre pays a été certainement habité et il me semble que l’on pourrait tacher de donner  une idée de ce qu’il était alors probablement. Une remarque facile à faire c’est que les noms de villages situés au sud de la Clarence et ceux qui sont situés au Nord  sont complètement différents au sud dominent les noms à tournure latine : Labeuvriere, Labuissiere, Bruay (Brutu Aqua) , Divion(Divium) 

(1) Mr l’abbé  & Van Dieval  étude sur quelques noms de lieux à forme étrangère qui ne se rencontrent  que dans le Pas de Calais.

Au Nord  les localités portent plutôt des noms à tournure germanique Gonnehem, Eck, Lozinghem …… Allouagne. Cela provient selon moi qu’autrefois  notre rivière avait bien une plus grande importance que maintenant. N’étant pas endiguée, elle formait une sorte de marécage qu’il n’était pas facile de franchir. Aussi as t’elle du servir de ligne de démarcation  entre peuplades différentes. An Nord c’était les Morins, au sud les Atrébates. Tout semble indiquer que notre pays faisait partie de la Morinie et que nos ancêtres étaient de ces indigènes que             Jules César  en 54 avant JC trouve  vivant misérablement sous des huttes qu’il appelle « augusia » sortes de cuvettes rondes creusées  assez profondément dans le sol  et recouvertes d’un toit formé de troncs d’arbres  et d’un branchage souple, le tout entremêlé  de feuilles et de terre. Même antérieurement à cette époque, nos ancêtres  de l’age de pierre ont peut être vécu dans nos bois sur le bord de nos étangs. leur seules occupations étant la chasse et la pêche, ils trouvèrent ici de quoi satisfaire leurs besoins. Les silex de nos carrières leur offrait  en outre en abondance la matière première de leurs outils et de leurs armes.

A quelle époque remontent ces noms ? Si la réponse n’est pas faite nous savons qu’un essai d’invasion a été fait au III ième siècle, essai repoussé par  Carausins. Nous savons que sous Auguste il y a eu des mouvements analogues et même on peut suivre l’histoire de ces expéditions des hommes du Nord  jusqu’au IV ième siècle avant JC. « Le champ est vaste on le voit » (1) & Van Dieval Etidum.

Une seconde raison nous fait croire à la très haute antiquité de Lapugnoy, antiquité qui pourrait remonter comme le dit le savant chanoine de l’église d’Arras & Van Dieval jusqu’au IV ième siècle avant Jésus Christ. C’est que s’il faut en croire une note trouvée aux archives de la mairie de Lapugnoy, on a découvert sous une partie du cimetière actuel et des terrains environnants une grande quantité de fragments de poteries  gallo romaines mélangées à du charbon. C’est dans l’histoire de la translation des reliques de Sainte Christine en Artois  et dans l’histoire de l’abbaye de Chocques  que nous trouvons les premières mentions  de notre paroisse.

Une tradition plus de huit fois séculaire rapporte que deux  pèlerins  français ayant entendu perler des prodiges accomplis au tombeau de  Sainte Christine à Bolsène petite ville  du diocèse d’Ovieto en Italie s’y rendirent en pèlerinage. La, soit qu’ils voulurent faire profiter leur patrie des précieuses reliques qu’ils étaient venus vénérer et auprès desquelles ils avaient éprouvé de si douces consolations et peut être été témoins de plusieurs prodiges, soit  que la sainte martyre  elle-même   leur en ai  envoyé l’inspiration. Dans l’intention d’être honorée dans nos régions. Ces deux pèlerins, profitant d’un moment ou ils étaient seuls  s’emparèrent sinon totalement du moins d’une partie des reliques de Sainte Christine.

Leur pieux larcin une fois accompli, ces deux hommes se dirigèrent en toute hâte vers la France. Arrivés aux confins de la Flandre, ils furent obligés de se séparer  car l’un d’eux tomba malade. celui qui était valide continua sa route  chargé de son riche fardeau  et arriva un soir harassé de fatigue au hameau d’Eck. Après avoir soigneusement caché son trésor, il alla demander l’hospitalité au prêtre  qu’il trouva dans cet endroit et tomba à son tour malade au point que bientôt son état fut désespéré. Il se décida alors à raconter au prêtre qui l’avait accueilli tout ce qu’il s ‘était passé et lui réléva l’endroit ou il  avait caché les reliques de Sainte Christine puis il mourut ave cde grands sentiments de piété  et fut enseveli dans le cimetière du lieu. Apres avoir rendu au pèlerin de Bolsène les derniers devoirs le prêtre se rendis accompagné de quelques hommes de confiance à l’endroit  qui lui avait été désigné et y trouva le précieux dépôt  qu’il plaça dans son église.

Cette tradition a de fortes présomptions en sa faveur démontre Mr le chanoine Osere  dans son histoire de Sainte Christine ( pages 25,28,29).

Nous sommes complètement de son avis sur ce point, mais ou nous ne sommes plus du tout de son avis, ou il nous paraît avoir fait, au détriment de la tradition et de la vérité, une concession à l’amour du clocher natal, c’est lorsqu’il dit par deux fois  à la page 25 et 29  de la vie de Ste Christine (1ere édition)  que les 2 pèlerins mêlés au larcin de Bolsène ont apporté les reliques  sur le territoire de Labeuvrière. Cette assertion de Mr le chanoine Ocere est  bien plus accentuée encore dans une petite brochure publiée en 1864  par Mr Durut   Curé de Labeuvrière, brochure dépourvue de toute critique et ou se trouvent plusieurs erreurs manifestes. Amis elle est complètement démentie  par les traditions locales  tant de Lapugnoy que de Labeuvrière.

 A Lapugnoy  les gens du pays  qui disent tenir cela de leurs ancêtres, racontent que les reliques de Ste Christine ont été apportées sur la rive gauche de la Clarence au lieu encore appelé aujourd’hui Eck  près de la maison appartenant à ….. ……. ?  et occupé au moment ou nous écrivons par la famille Bouchard Beugin  et que la  elles  ont été déposées dans les branches ou dans le trou d’un saule. Ce lieu se trouve à quelques centaines de mètres du lieu ou était l’église d’Eck  situé à l’emplacement du cimetière actuel.

A Labeuvrière la tradition transmise de père en fils  enseigne que les reliques de Ste Christine ont été déposées primitivement sur la rive gauche de la Clarence à Eck en Pugnoy  et ils ajoutent non pour l’avoir appris de la tradition mais uniquement pour se faire valoir par vantardise , que si plus tard les reliques de Ste Christine ont été transportées à Labeuvrière , c’est que la sainte a voulu punir les habitants de Lapugnoy de leur mauvais accueil , de leur inhospitalité et récompenser les habitants de Labeuvrière de leurs vertus ! ! !

Ce n’est donc pas sur le territoire de Labeuvrière que les reliques de Ste Christine ont été transportées  primitivement mais bien plus probablement  sur le territoire de Lapugnoy au lieu qui porte le nom aujourd’hui de Eck.  Ce n’est donc pas dans l’église de Labeuvrière dédiée à St Pierre qu’on été déposées les reliques de Ste Christine mais bien plus probablement dans l’église d’Eck  située à l’endroit du cimetière actuel  et dédiée à Ste Anne d’abord puis à St Vaast. Ce n’est donc pas dans le cimetière de Labeuvrière qu’a été enterré le pèlerin français qui a apporté les reliques de Ste Christine mais bien probablement dans le cimetière  actuel de Lapugnoy situé sur le mont d’Eck.

Du reste quand bien même les reliques de Ste Christine eussent été découvertes  à l’endroit ou se trouve la chapelle de  Ste Christine comme le dit dans son chauvinisme le curé Durut   il ne serait pas certes   vrai de dire  que ces reliques ont été apportées à Labeuvrière  car jusqu’à la fin du XVIII ième siècle le village de Lapugnoy s’étendait jusqu’au ruisseau de Ste Christine comme nous le verrons plus tard  jusqu’à l’endroit ou se trouve la chapelle.

Si une chapelle a été édifiée à cet endroit avant la révolution et restaurée en 1802, ce n’est pas comme l’affirme Mr Durut  pour perpétuer le souvenir de la translation à cet endroit mais pour ménager l’amour propre des deux paroisses.

Plus probablement encore le souvenir des miracles opérés à la fontaine de Bolsène par Ste Christine a donné l’idée de construire l’oratoire prés d’une fontaine dont la croyance populaire ne manquerait pas de voir une fontaine miraculeuse.

A quelle époque eu lieu sur le territoire de Lapugnoy  cette translation des reliques de Ste Christine, il est difficile de le dire. On a cru longtemps que la translation  avait eu lieu au Vième siècle, ce qui c’était prouvé serait une nouvelle preuve que notre paroisse existait dés avant le Vième siècle. Mais cette opinion semble devoir être abandonnée. D’abord il ne paraît pas du tout probable qu ‘ au Vième siècle, il y ai eu déjà une église dans notre village et par conséquent si la translation avait eu lieu au Vième siècle  comme le pensent  d’anceinn… ? , Les reliques les reliques n’auraient pas pu être déposées comme le dit la tradition dans l’église d’Eck  qui n’existait pas.

Les faits signalés par la  tradition doivent être postérieurs  de beaucoup au Vième siècle et avoir eu lieu avant la fin du XIième  à une date assez rapprochée de la fondation  du prieuré de Labeuvrière bâti pour recevoir et garder les reliques de Ste Christine à l’extrême limite du Xiième siècle  1197 écrit Mr Charles de Linas ?. 1097 dit’on  plusieurs hommes nobles de l’Artois en tête  desquels figurait Calin de La Beuvrière ( cette famille étant une branche cadette de la famille De Béthune), Gauthier Li Bornes et  Heliphus  son frère du même lieu , Lambert de Crokes et Raoult de Marles  fêtèrent les fondements d’une église dédiée à Ste Christine vierge et martyre dont le corps avait été trouvé  non loin de Béthune  sur les paroisses réunies d ‘ Ecques (La Pugnoy) et La Beuvrière. Afin que la célébration  des saints mystères ne fut à jamais interrompue  dans le temple qu’ils construisaient, les seigneurs précités y déposèrent les reliques de Ste Christine et en confièrent la garde à trois religieux venus de l’abbaye de Charroux  ajoutant à leur présence libéralité pour assurer l’existence des moines une certaine quantité de terres avec concession de justice haute moyenne  et …. ?  et l’exercice de tous les droits féodaux  sur ces mêmes terres (1). Les faits énoncés ci dessus sont consignés tout au long dans une charte de Robert Jérusalem datée de l’an  1100.

(1)   Charles de Linas  membre non-résident du comité impérial des travaux historiques et des sociétés savantes : notice sur Labeuvrière. Mr le chanoine Occere cite ce passage dans la vie de  Ste Christine mais supprime ce qui regarde Lapugnoy au X ième siècle    du moins vers le XI ième, 2  que les reliques de Ste Christine ont séjourné un temps assez long  dan l’église d’Ecq Lapugnoy    du moins jusqu’en 1097, époque de la construction du prieuré de Labeuvrière destiné à abriter et à garder  les reliques de notre sainte.

Il est possible et probable même que  Lapugnoy  ait eu sur son territoire des terres appartenant  au prieuré de Labeuvrière  à la fin du XVIII ème siècle puisque Lapugnoy  figure avec une vingtaine d’autres paroisses sur la liste de celles ayant des terres concédées.

Mais dira t’on comment se fait ‘il que les habitants d’Eck Lapugnoy d’alors aient consenti à se laisser dessaisir de leur précieux trésor ? Cela est très facile à comprendre. Lapugnoy et Labeuvrière ne devaient avoir alors comme dans la suite jusqu’en 1845 qu’un seul et même curé résidant à Eck Lapugnoy. Ce curé desservait à la fois l’église d’Eck  qui se trouvait à l’emplacement du cimetière actuel  sur le mont d’Eck et  l’église de Labeuvrière dédiée à St Pierre  et située non loin de la Clarence, en contrebas de l’église actuelle près de l’emplacement de la halte actuelle du chemin de fer.

Je crois que le curé d’Eck au XI ième siècle n’aurait pu s’opposer efficacement  à la translation des reliques car il n’était probablement que le chapelain  d’un seigneur quelconque du Mont Sorel peut être.     Presque toutes les églises alors dans les campagnes étaient des chapelles  castrales. Le chapelain dépendait du seigneur  et ce que ce dernier décidait devait avoir chance de s’exécuter. Iil est fort probable qu’à cette époque il y avait une chapelle également dépendant du château du Mez. Le jardin du curé, nom sous lequel  l’ancienne maison de  v…….  était connue indique selon moi  qu’il y eu autrefois un demeurant pour cette partie  du  ?

 

Le curé d’ Eck Lapugnoy d’alors n’a pas du  voir grands mouvements a ce que l’on transporta des reliques de la sainte  dans un pays qu’il n’habitait pas il est vrai mais sur lequel il avait juridiction , dont il était le chef religieux . dans sa vénération et son amour pour Ste Christine il a du voir avec bonheur sur et ses paroissiens d’Eck Lapugnoy , que des familles puissantes, riches et pieuses d’un paroisse toute proche et dont il était le père spirituel. s’ associer pour édifier en l’honneur de Ste Christine un sanctuaire digne d’elle et ou elle recevrait des hommages spéciaux et qui deviendrait le centre de pèlerinage fréquenté .

Dans l’histoire de l’abbaye de Chocques , nous trouvons de nouvelles mentions de notre paroisse. Nous y lisons  que « en 1199 Baudouin de Béthune(1) (1) compagnon de Godefroy de Bouillon    compagnon d’Albermarle ?

Et seigneur de Chocques  , par une charte munie de son sceau abandonne son moulin de Lapugnoy   , du consentement d’ Hadewide sa noble épouse à l’abbaye dites St Jean Baptiste de Chocques . l’abbaye de Chocques  reçut , l’an 1202  de ce même Baudouin   son moulin de Lapugnoy  par acte signé  de l’abbé Guillaume et de plusieurs autres seigneurs de la contrée. Le noble Comte, sur le point de se rendre à Jérusalem pour la délivrance du tombeau du sauveur assure à cet abbé ( Guillaume) et ses religieux les biens dont les avaient gratifiés ses prédécesseurs ; dans toute l’étendue de ses terres   tant à Chocques St Sauveur , Lapugnoy qu’à  St Pierre Mesnil et  Ecques. Une charte scellée de son sceau atteste  cette reconnaissance. Baudouin de Béthune , a son retour de la terre sainte, comme souvenir de cette glorieuse expédition donna  à l’église St Jean des Retz de Chocques une bien rare et précieuse relique  , un cheveu de la Sainte Vierge que l’abbé Guillaume inaugura alors avec bonheur dans son église( histoire de la maison de Béthune par Duchesse  Lemire)   

Le martyrologe de l’abbaye de Chocques  relate que Mathilde de Béthune  dame de ce bourg et mère de Béatrice  Comtesse de Guînes  donna aux religieux de  ce monastère les viviers  de Lapugnoy.  en échange l’abbaye devait lui chanter un obit solennel chaque année le 4 des ides de décembre  sur l’autel de la Ste Vierge près de son tombeau. Ce jour à midi , le repas commencé  , on apportait aux religieux quantité de poissons frais pris à Lapugnoy. Avant d'être placés sur la table du réfectoire ainsi que du beurre et des œufs , tous se levaient et l’abbé récitait  à haute voie le miserere  pour leur bienfaitrice et  ses défunts. Cette prière terminée la communauté s’asseyait de nouveau et les poissons étaient servis avec les autres mets

Plus tard à l’instar de Béatrice , cette noble Comtesse de Guînes , Daniel de Béthune donna également  ces mêmes viviers en l’an 1224  moyennant une rente de deux sous et deux chapons comme on le pratiquait du temps de Mathilde  de Hardaing( Houdain) dame de Chocques . Qu’ils étaient beaux alors ces gages de foi et de générosité car les seigneurs de ces contrées semblaient rivaliser de zèle et de largesse pour combler ainsi de leurs bienfaits les religieux de cette abbaye. (histoire de l’église cathédrale de St Omer par Mr Quennon ancien président du tribunal de cette ville)

Jean de Béthune évêque de Cambrai ratifie , l’an 1219 toutes les donations faites à l’abbaye in patris ainsi que les dîmes  tant à Chocques qu’à Gonnehem le tout à perpétuité. Comme dés l’an 1220  Mahaut     d’Houdain donnait à cette même abbaye son étang de La Pugnoy (Vivarium de Pugnoda)  avec la pêche de ces viviers pour les chanoines de ces monastères ( Ad Refectionem  Canonicorum  Claustralium :Archives départementales titre en parchemin) . Mahaut avait obtenu cette pêche  ainsi que la terre de Chocques à la suite d’un partage des biens d’Anselme son aïeul  dont elle fit héritière Aelis   sa fille  alliée à Jean De La Cauchie père de Hugues de la Cauchie   seigneur d’une partie de Chocques . (Aelis  de Calcia Domina de Chockes) .Toutes ces donations furent approuvèes d’Adam , évêques de Thérouanne, par une charte octroyée à Mathilde  d’Halding ( Houdain)  dame de Chocques . la pêche principalement afin que les chanoines puissent en jouir paisiblement et à toujours( Histoire de l’abbaye Chocques ordre de St Augustin au diocèse de St Omer par Mr l’abbé Robert curé de Grigny).

Voyons maintenant  quelle est la signification du nom d’Eck . Donné primitivement à notre paroisse , nom que porte encore aujourd’hui une partie du village et qui veut dire le mot de Lapugnoy  qui lui fut donné ensuite. Le nom d’Eck (Oak en anglais  signifie chêne on prononce Ock ) qui viens d’un vieux mot saxon  Ecke  qui veut dire chênaie , bois de chêne et certes ce nom était bien justifié à cause des nombreux chênes  qui se trouvaient autrefois dans les bois avoisinant  l’ancienne église . Aujourd’hui encore il y a beaucoup de chênes dans ces bois et le nom d’Eck donné à notre paroisse lui convient toujours. La plus ancienne mention , à notre connaissance de ce nom d’Eck  en latin Ecsa  se trouve dans une charte d’un évêque de Thérouanne  Jean  donnant à Gualbert  abbé de l’église de Chocques en  1120  ( cette charte en latin se trouve en copie aux archives départementales) . Le nom de Lapugnoy  donné ensuite à notre paroisse semble venir du mot latin Pugnea  qui veux dire combat mais avant de prendre cette forme actuelle, le nom a subi diverses transformations. Nous avons vu plus haut le mot de Pugnoda (  Vivarium de Pugnoda)  employé lors de la donation de l’étang de Lapugnoy aux mains de l’abbaye de Chocques en 1220. Dans les cartes de Gosnay on trouve El  Pennoy, Aix en Pugnoy, Ecques Pugnoy  . Dans les archives de la commune et celles de l’église on trouve souvent La Pugnoy écrit en deux mots . Mais pourquoi cette expression de Lapugnoy le combat  ou lieu du combat donné à notre territoire . C’est très vraisemblablement parce qu’il s’est livré une assez grande bataille au XI ième siècle en 1027 sur notre paroisse. En 1027 l’Artois faisait partie du Comté des Flandres  et Arras en était en quelque sorte la capitale. Baudouin IV  le   Bar? qui gouverna   le pays pendant plus de 40 ans  de 989 à 1036 était Comte . Les dernières années  furent troublées par la révolte de son fils qui réussit à grouper autour de lui un bon nombre de seigneurs de Flandre et d’Artois. Ce fils qui fut plus tard Beaudouin V (Baudouin de Lisles) était né à Arras dans des conditions curieuses . Sa mère Ogine était depuis 20 ans l’épouse du Comte de Flandres et n’avait pas d’enfant. Devenue enceinte à l’age de 50 ans, elle tint à accoucher en présence des dames formant la cour du Comté. On dressa  paraît’il  un vaste pavillon sur la grande place d’Arras et c’est la que vint au monde notre Baudouin V. Ce fils  si désiré ne fut pas la consolation de ses parents . enorgueilli par son alliance avec le roi de France Robert le Preux dont il avait épousé la fille , il osa en 1027 se révolter contre son père  et le chassa de ses états. Mais ce dernier ayant trouvé appui  auprès du duc de Normandie  revint avec ce dernier disputer son Comté à son fils. La bataille se livra   en avant de Chocques sur les rives de la Clarence . le Duc  de Normandie fut vainqueur et après la bataille il alla assiéger le château de Chocques qu’il prit . il s’empara également de St Venant et d’autres lieux.  Le fait d’avoir mis le siège devant le château de Chocques  après la bataille semble indiquer que celle ci a du se livrer en avant de Chocques  vers l’ouest par ou arrivaient les normands. C’est donc sur la territoire actuel de Lapugnoy  qu’ eu lieu ce combat qui a changé le nom de notre pays. il est connu il est vrai sous le nom de bataille de Chocques  mais cela n’empêche nullement qu’il est été livré sur la partie de notre territoire longeant la Clarence et   allant  jusque près de la ferme de la  Volte

Appartenant aux seigneurs de Chocques. ( notes communiquées par Mr Emile Legrand). On  pouvait donc dire bataille de Chocques   puisqu’elle eu lieu sur un territoire faisant partie alors du territoire de Chocques  mais on peut très bien aussi appelé Lapugnoy c’est à dire  le combat du lieu devenu le notre ou s’est livré cette bataille

 

 

Forme

 

Le village de Lapugnoy a la forme d’un hexagone  irrégulier . vu à vol d’oiseau  notre village aurait assez l’aspect  d’un carré un peu allongé  aux contours un peu irréguliers bien entendu dont les pointes  seraient très approximativement au nord , à l’est , au sud et à l’ouest . de l’ouest à l’est  au plus extrêmes , du sud ouest à l’est court la rivière et s’étend  notre village. Malgré l’impression première  c’est du nord au sud , de La Vasserie à la chapelle Sergent  que notre village a la plus grande longueur .

 

Situation

 

Il est borné au  nord et au nord ouest par le village d’Allouagne , à l’est par Chocques, au sud est par Labeuvrière et Labuissière, au sud par Bruay, au sud ouest par Marles, à l’ouest par Lozinghem. 

 

Latitude, Longitude,Altitude :

 

 Il est situé entre  2° 30 de longitude et   de 50° 30  latitude et  37,07 mètres à la gare

 

Etendue :

 

828 hectares  81 ares et  95 centiares. Lapugnoy est à environ 213 kms  au nord ouest de Paris , à 38 kms au nord ouest d’Arras, à 9 kms au sud ouest de Béthune, à 23 kms de Saint Pol, à environ  50 kms de Lille, à environ 38 kms de St Omer.

Les anciens du pays vantent son aspect d’autrefois et ne reconnaissent plus dans le Lapugnoy  d’aujourd’hui celui de leurs jeunes années. Peur de villages en effet ont subis autant de transformations que le notre. Autrefois il y avait de magnifiques allées  plantées d’arbres le long des sentiers de l’ancienne église et sur les bords de la Clarence. Aujourd’hui ces arbres sont tombées sous la cognée des bûcherons. Autrefois la rivière coulait des eaux limpides et poissonneuses , aujourd’hui  depuis surtout que la  municipalité a permis à la compagnie de Marles mines d’y déverser ses eaux industrielles, celles de la Clarence sont devenues aussi noires  que celles du Biet-ecrin ? le poisson  en a disparu, le nom qu’elle porte est devenu un mensonge et si Jules César   revenait  en nos pays , il ne pourrait  certes plus pousser son exclamation « o Clara Aqua  »   oh la belle eau claire qui selon  la légende aurait donné à notre rivière son beau nom de Clarence : Clara Aqua.  Eau claire.

Autrefois le silence de la vallée n’était guère rompu que par  le chant des oiseaux  ou des patres , ou des laboureurs excitant leurs bêtes , ou le bruit du marteau du forgeron  tombant en cadence sur l’enclume. Aujourd’hui on n’entend plus guère que les sifflets  aigus des innombrables locomotives de la compagnie du nord et de Marles , que le bruit  strident de leurs lourds wagons. Autrefois on respirait un air limpide et pour aujourd’hui ce sont d’incessantes fumées  qui s’élèvent dan les airs , en troublent l’harmonie et la pureté. Mais tous ces désavantages réels sont rachetés par  la facilité des communications et des transactions pour le bien être matériel  que le développement du commerce  et de l’industrie  ont apporté  dans  notre vallée. Du reste malgré ces transformations diverses notre village a conservé beaucoup de sa beauté primitive et quand nous voulons le faire admirer  aux étrangers qui nous font l’honneur d’une visite , nous les conduisons au sommet de la motte Baudouin . la nous leurs montrons pas comme Satan au Christ  les royaumes de la terre mais de multiples contrées environnantes . De la en effet le spectacle est magnifique au loin du coté est on aperçoit  la tour majestueuse de l’église St Vaast  de Beuvry , du coté est encore mais beaucoup plus rapprochée on aperçoit la ville de Béthune sa tour massive semblable à un pylône égyptien  du gracieux beffroi symbole de ses libertés au moyen age , la flèche élégante de l’église Notre Dame du Perroy, plus près encore le village de Labeuvrière  suspendu au flanc d’un coteau , la vieille tour du XUU ième siècle du prieuré se Ste Christine qui sert aujourd’hui d’église paroissiale , la petite chapelle de Ste Christine. Au sud ouest on aperçoit les hautes cheminées des mines de La Clarence ou se produisit en  septembre 1912 la catastrophe fameuse ,qui coûta la vie à tant d’ouvriers mineurs  de notre région  et plus loin à perte de vue de grands bois qui bornent l’horizon. Plus près de Lapugnoy toujours au sud ouest  , c’est  le village de Marles  dont on voit la flèche de l’église émerger d’un bouquet d’arbres . A l’ouest c’est la ville d’Auchel dont on voit les peu élégants crassiers ou terrils semblables à deux monstres . au nord et au nord est  le vue est bornée par les bois Grand Blond, les bois des Dames, le bois Toutlemont,  le bois sous l’ancienne église, le bois Roquelaure. Au sud est et au sud ouest  s ‘étendent tous rapprochés le grand bois de Labuissière , le bois Brassart , le bois Mahieu, le bois communal situé sur les hauteurs de la rive droite de la Clarence    et au dessus  desquels   on aperçoit  les noirs tourbillons des nombreuses et hautes cheminées  de l’industrielle et populeuse cité de Bruay. En abaissant ses regards au fond du vallon , ce qui frappe tout d’abord c’est l’église de Lapugnoy gracieusement assise au pied de la motte et entourée a droite  de l’école libre des filles  et à gauche de l’école communale des garçons toutes deux bâties par le même architecte , d’après le même plan  pour un même but qui aujourd’hui hélas ! est devenu différent. Un peu à droite on aperçoit l’usine de la société cotonnière de Lapugnoy. Du haut de la motte Baudouin  sa cheminée parait plus élevée que celle de la flèche de l’église . C’est un symbole faisons nous remarquer avec amertume , à ceux qui nous accompagnent . C’est un symbole que au cœur de nos paroissiens  les intérêts matériels priment de beaucoup les intérêts spirituels , les soins du corps l’emportent de beaucoup sur les soins de l’ âme. En face de l’église  se trouve la rue principale large comme un boulevard de ville le long de laquelle sont alignées les maisons  du village dont on aperçoit les toitures rouges , de l’est à l’ouest sur une étendue d’environ  quatre kilomètres. A quelques mètres de la coule la Clarence  puis quelques mètre plus loin encore se trouve la double ligne de chemin de fer de la compagnie de Marles et de la compagnie du Nord sur lesquelles courent incessamment  tantôt de légers wagons de voyageurs tantôt de lourds chargés de houille et de marchandises diverses  .  Partout on aperçoit  des jardins , des prairies , des champs qui voisinent avec les bois. Vraiment le village apparaît plein de charme et semble sortir du milieu d’une foret enveloppé qu’il est d’un massif de verdure.  Oui quoi qu’en disent les anciens , Mr Legrand  notamment le village de Lapugnoy reste  quand même un beau village .Puisse t’il  rester ou plutôt redevenir  ce qu’il était autrefois une bonne et chrétienne paroisse !

 

 

Chapitre II

 

Subdivision du territoire de Lapugnoy, Les lieux dits, les hameaux , moyens de communication, composition géologique du sol

 

La superficie de   Lapugnoy qui est nous l’avons dit  de 828 hectares  51 ares 95 centiares  se décompose comme il suit

431 hectares  , 06 ares , 50 centiares de terres arables

20 hectares ,  25 ares , 75 centiares  en pâtures et vergers

332 hectares ,  76 ares 45 centiares en  bois

2 hectares , 30 centiares en près

10 hectares , 36 ares , 80 centiares en jardins

27 hectares , 10 ares , 65 centiares  en  friches

4 hectares , 95 ares , 50 centiares en  superficie  f

 

Toute contrée sur le territoire des communes a un nom particulier , permettant de la spécifier , de sorte que la situation de chaque propriété  ne peut donner lieu à aucun équivoque. Ce sont les lieux dits dont nous allons nous occuper maintenant ce que  cette étude présente de plus intéressant  c’est l’étymologie de ces noms assez bizarres , mais empruntés presque tous  aux circonstances du lieu  en sorte qu’ils ont une couleur locale des plus prononcée. Il en est aussi  qui viennent des propriétaires . Le plus souvent ils sont dus à la prononciation en patois d’un mot français.

Les principaux lieux dits de la commune de Lapugnoy sont :

 

La Motte Baudoin ( le nom actuel de la motte est bien motte Bodron   . Nous ne pouvons qu’expliquer  l’origine de ce nom sans  pouvoir  le changer maintenant)

Le paradis

Les dixhuit

Les quatorze

Les douze

Les huit

La grande pâture

La petite pâture

Le champ des dames

Le bois des dames

Le bois grand blond

Le fond du Failly

La cote du fond au Failly

Le bois Roquelaure

La verte place

Les tailettes

Le capitaine

Les coquelettes

Le long jardin

Le chemin vert

Les prés du long jardin

Les champs de St Vaast

Les marais champs

Les champs aux cailloux

Le vivier

Les blancs champs

La sole du milieu

Les biefs ,

Le trou à dial

Le bois Brassart

Le bois communal

Le bois Mahieu

La chapelle Sergent

La Maie ou Lametz

Les vignobles

Le chaufour

Vis à Marles

La houblonnière

Les terres à canon(on appelait canon une redevance ou prestation payée à des époques régulières et généralement annuelles )

La sole du moulin Dumetz

Bois du mont Gorguet

La sole Mondré

La fontaine du bois Nous

Les Bignes

Le pisquin

Les fiefs

Le plantin

Sous les bois Fourin 

 

La motte Baudoin ou Baudron

Il convient ici de mentionner les ouvrages de défense militaire des anciens peuples de la Gaule. Les collines factices ne furent pas toutes destinées aux sépultures. On en voit aplaties au sommet et entourées d’un fossé ou d’un mur et souvent les deux à la fois  peuvent être considérées comme des forts  destinés à protéger un point important. Outre ces mottes de terrain on rencontre aussi des enceintes défensives. Cellas  ci ont existé bien avant l’époque préhistorique et sont probablement plus nombreuses que l’on ne le suppose.

(Mr l’abbé Allibert Mariel  histoire locale  page 36)

La motte  Baudoin ou Baudron   est un monticule de forme arrondie au sommet et d’une altitude de … mètre au-dessus  du niveau de la mer. Ce monticule est fait en parties de main d’hommes, fait prouvé par la diversité des terres qui le composent. Quelques savants ont cru y voir des traces de fossés qui leurs ont fait croire à l’existence d’une ancienne construction en cet endroit. Une tranchée ouverte dans ce mamelon n’y a rien fait découvrir et les travaux ont  été abandonnés.

Au XVIII ieme siècle des pièces mentionnant cette partie de territoire l’appelle « Motte Bauduin ». C’est par corruption qu’un copiste écrit Baudron. Le i de Bauduin  n’ayant sans doute pas de point  sera devenu un o .

De Bauduin on a fait Baudrin , puis de Baudrin on a fait Baudron.

Les romains pendant leur séjour  dans la Morinie firent bâtir  des tours pour protéger les passages et maintenir les populations. Ces tours ou postes d’observation étaient placés de distance en distance protégeant les passages des rivières  commandant la campagne. Ces postes n’étaient  autre chose que ses tours élevées sur des  promontoires, des monticules  naturels ou factices. Ce système de défense fut longtemps observé pendant le moyen age (Malbrancq de Morinie livre 1) . Traducyes de bauvages ? Tibl de la chartreuse de Montreuil p 115 ). 

Cette description convient parfaitement à la position de Lapugnoy  qui est un merveilleux poste d’observation et qui est voisine de Lapugnoy

Antérieurement  encore une autre lecture mal faite aura sans doute aussi  amené la fausse appellation de Motte Baudrin     car il semble hors de doute que c’est motte Bauduin que l’on devrait dire. Il est fort facile de lire un r au lieu d’un u  pour peu que l’on ne fasse pas attention ou que l’écriture soit négligée.  Ceci admis  l’appellation Motte Bauduin  se justifie fort bien  car plusieurs seigneurs à qui appartenait cette terre se nommaient Bauduin ( notes de Mr Emile Legrand) . 

Comme autre déformation de mot produite par une lecture mal faite ou par la prononciation en patois d’un nom français on peut citer le mot Revillon  qui est le nom d’un lieu  dit voisin de La Vasserie   sur le territoire de Chocques.  A quoi peut donc se rapporter ce mot bizarre  de Revillon ou Reveillon ? ne se peut ’il pas , n’est ‘il pas tout à fait vraisemblable que ce mot a été mal lu, mal écrit ou mal prononcé depuis assez longtemps déjà et que c’était Ruillon l’appellation primitive , appellation qui se justifie pleinement par le voisinage du cours d’eau le  grand Nocq  qui coule en cet endroit  puisque Ruillon  tour comme  rieux ,ruitz , riez vient du latin  rivus qui signifie rivages (notes de Mr Emile Legrand) .

 

Le Cayet

Le Cayet est un mot patois donné par la population  à la place publique. L’étymologie probable de ce nom  est le mot caya  qui en basse latinité veut dire demeure. Le mot pluriel cayae demeures    s’applique parfaitement à un groupe de maisons, à une place publique. Le centre du village, la place publique porterait donc à juste titre le nom de Cayet 

 

Le Paradis

 Le nom de  paradis  a  été  sans aucun doute fourni à cette partie du territoire  qui se trouve à l’Ouest  sous la Motte Bauduin  et au chemin qui y conduit  à cause de sa montée difficile  comme celle du vrai Paradis  «  quam ungusta posta  et aseta  via est qum ducit  ad vitam et permis  sant  inverment eam »  . « Quelle est étroite et resserrée la voie qui mène au paradis  et qu’ils sont peu nombreux ceux  qui la suivent » dit l’évangile de St Mathieu  chapitre VII ,V13 et 14 . Ce qui nous confirme que le nom de Paradis  a été donné à cette partie  de notre territoire à cause de son accès difficile  semblable a celui du ciel  c’est qu’il y a tout prés de la un autre lieu  « le chemin de la Croix ». Ces appellations diverses  nous montrent l’esprit profondément chrétien des anciens habitants de la paroisse qui se servaient de tout pour élever leurs pensées, leurs aspirations  vers la vie future, vers le ciel qui est le véritable but de la vie présente. Quand donc nous apercevons ou nous gravissons la pente difficile du paradis de Lapugnoy  pensons-nous aussi aux efforts que nous ne devons cesser de faire, aux peines que nous ne devons  cesser de nous donner pour gagner le vrai paradis  dans lequel il n’y aura plus ni faim ni soif, ni maladies, ni tentations mais ou la joie et le repos seront infinis comme Dieu  même.

 

 Les dix huit, les quatorze, les douze

Ces appellations diverses  signifiaient sans aucun doute la superficie du territoire  en ces endroits différents : dix huit, quatorze, douze mesures  la tête des douze indique  sans aucun doute la partie de territoire qui est placée en tête  des douze mesures

 

La grande pâture, la petite pâture
’étymologie de ces noms est  assez claire par elle-même

 

Le champ des dames, le bois des dames

Ces appellations indiquent que ce champ, que ce bois  appartenait  autrefois aux Dames chartreuses de Gosnay  dont le monastère existe encore à Gosnay  et sert d’habitations à des familles d’ouvriers mineurs. Les dames Brigittines de Béthune possédaient aussi à la fin du XVIII ième siècle des biens  fonds de Lapugnoy.

 

Les sables

Cette partie du territoire est ainsi nommée à cause du sable qui s’y trouve et que l’on extrait.

 

Bois de la Haloterie

 

A ) Ce bois est ainsi dénommé très vraisemblablement  parce qu’il y a ou il y avait autrefois  beaucoup de halliers ou réunions de buissons touffus  en patois halo  d’où bois de la haloterie

B ) La dénomination du bois de la haloterie a été donnée à ce bois à cause  des nombreux terriers de lapins  qui  s’y trouvent. Ces terriers portent le nom d’halots en bien des endroits d’où bois de la haloterie.

 

Le bois grand blond

Ce bois est ainsi nommé bois vraisemblablement du nom de son propriétaire qui était de grande stature.

 

Le fond du failly, la cote du fond du failly

Failly vient du nom fagus : hetre

 

Le bois roquelaure

 

La dénomination de ce bois provient de ce que ce bois a appartenu au Marquis de Roquelaure dont les seigneurs d’Houchin Annezin ont hérité 

 

La verte place

 

Les tailettes

 

Cette dénomination provirent très vraisemblablement des taillis ou petits bois qu l’on coupe à intervalles réguliers  et qui croissaient à cet endroit.

 

Le capitaine

 

Les coquelettes

 

Le long jardin, Le chemin vert, Les prés du long jardin

L’origine et la signification de ces noms sont assez claires par elles mêmes

 

Les champs de St Vaast

Parce qu’ils appartenaient à l’église St Vaast  de Lapugnoy ou simplement  parce qu’ils sont voisins de  l’ancienne église dédiée à St Vaast

 

Les marais champs, Les champs aux cailloux

La dénomination de ces champs indique que les uns sont marécageux et les autres remplis de cailloux.

 

Le vivier

Cette  partie  du territoire est située presque au centre du village entre  l’usine « la cotonnière » et la ferme de « la volte» qui était occupée autrefois  par la famille TOURSEL et qui est  aujourd’hui occupée  par la famille POTTIEZ GUISE . Le vivier ou plutôt les viviers de Lapugnoy car les documents anciens nous parlent des viviers de Lapugnoy existaient au XI ième siècle. Le martyrologe de l’abbaye de Chocques  relate que Mathilde de Béthune, dame de ce bourg et mère de Béatrice, comtesse de Guînes donna  au religieux de ce monastère les viviers de Lapugnoy. En échange l’abbaye devait lui chanter un obit solennel  chaque année le 4 des ides de décembre, sur l’autel de la Ste Vierge près de son tombeau. Ce jour à midi, le repas commencé, on apportait aux religieux quantités de poissons frais pris à Lapugnoy. Avant d'être placés sur la table du réfectoire ainsi que du beurre et des œufs, tous se levaient et l’abbé récitait  à haute voie le « miserere mee deus »  pour leurs bienfaiteurs et  ses défunts. Cette prière terminée la communauté s’asseyait de nouveau et les poissons étaient servis avec les autres mets. Plus tard à l’instar de Béatrice, cette noble Comtesse de Guînes, Daniel de Béthune donna également  ces mêmes viviers en l’an 1224  moyennant une rente de deux sous et deux chapons comme on le pratiquait du temps de Mathilde  de Hardaing( Houdain) dame de Chocques. Qu’ils étaient beaux alors ces gages de foi et de générosité car les seigneurs de ces contrées semblaient rivaliser de zèle et de largesse pour combler ainsi de leurs bienfaits les religieux de cette abbaye ? (histoire de l’église cathédrale de St Omer par Mr Quennon ancien président du tribunal de cette ville)

Jean de Béthune évêque de Cambrai ratifie, l’an 1219 toutes les donations faites à l’abbaye in patris ainsi que les dîmes  tant à Chocques qu’à Gonnehem le tout à perpétuité. Comme dés l’an 1220  Mahaut     d’Houdain donnait à cette même abbaye son étang de La Pugnoy (Vivarium de Pugnoda)  avec la pêche de ces viviers pour les chanoines de ces monastères ( Ad Refectionem  Canonicorum  Claustrabium :Archives départementales titre en parchemin) . Mahaut avait obtenu cette pêche  ainsi que la terre de Chocques à la suite d’un partage des biens d’Anselme son aïeul  dont elle fIt héritière Aelis  sa fille  alliée à Jean De La Cauchie père de Hugues de la Cauchie   Seigneur d’une partie de Chocques . (Aelis  de Calcia Domina de Chockes) . Toutes ces donations furent approuvées d’Adam, évêques de Therouanne, par une charte octroyée à Mathilde  d’Halding ( Houdain)  dame de Chocques . La pêche principalement afin que les chanoines puissent en jouir paisiblement et à toujours( Histoire de l’abbaye Chocques ordre de St Augustin au diocèse de St Omer par Mr l’abbé Robert curé de Grigny). Divers auteurs ont  aussi confondu Mahaud d’ Houdain  avec Mahaud de Béthune mère de Béatrix de Bourbourg, comtesse de Guines. Cette erreur proviendrait  de ce qu’ils ont lu  que  Baudoin de Béthune et    l’évêque de Cambrai son frère portèrent l’un et l’autre le titre de seigneur de Chocques .

Ils oublièrent que la portion possédée par les 2 frères dans cette seigneurie  était entrée dans la maison de Béthune par l’alliance de Clémence d’Oisy, fille de Hugues  châtelain  de Cambrai  avec Guillaume Ier  du nom seigneur de Béthune.

L’administration de Guillaume, abbé de Chocques  fut donc véritablement heureuse, grâce à ces diverses donations que Bauduin châtelain de Lens  augmenta encor par l’abandon de la dîme de ses pretz de Chockes et de Gonnehem qu’il fit à l’abbaye en 1222  alors que le pape Honorius !!! de son coté lui confirmait l’église d’Estaires  avec l’important vivier de Lapugnoy ( bulle scellée de plomb)

Nous n’avons aucun document, aucun souvenir, aucune tradition  qui nous permettent d’indiquer à quelle époque ces viviers furent comblés et dans quelles circonstances.

 

Les blancs champs

Ainsi nommés à cause de la nature du sol

 

La sole du milieu

On appelle sole  une étendue de terre labourable destinée à une certaine culture pendant telle ou telle année d’assolement

 

Les biefs
Biefs ou piaffe  terrain crayeux presque totalement dépourvu de terre végétale

  

Le trou à dial

Le trou à dial est pour moi le trou à diable et évoque  probablement bien des légendes  comme la carrière des fées et le chemin d’orgival

 

Le bois Brassart

?

 

Le bois communal

Le bois de Lapugnoy dit Mr Auguste  Parenty dans une étude sur les biens communaux du Pas de Calais  publié dans l’annuaire du Pas de Calais de 1864   a une contenance de  46 hectares et  11 ares. Sa valeur en capital est de 44300 frs, et sa valeur en revenu est d’environ 1000 frs en 1908 mr  a…. VIEZ, maire de Lapugnoy, ayant trouvé  dans la personne de Mr ELBY directeur des mines de Bruay  acquéreur à raison de 3000frs l’hectare soit 188000frs proposa cette vente à son  conseil municipal qui la refusa. Certains conseillers municipaux cherchèrent à rendre M. VIEZ impopulaire à cause de cette proposition.

Le terrain sur lequel est planté le bois de Lapugnoy  faisait autrefois partie de la seigneurie du Mez ou Metz  dont il est resté trace  pat le moulin du Metz  encore usité. Cette seigneurie comprenait en autres biens fonds, une pièce de terre de douze mesures située à la  carrière des fées et dénommée « les communes" . Le terrain était à riez quand la famille de Genevieres en fit l’acquisition et depuis un temps immémorial les habitants de Lapugnoy y conduisaient paître leurs bestiaux. Ils avaient même l’habitude d’extraire de ce terrain  une sorte de tourbe pour se chauffer et de la glaise pour fabriquer des tuiles. Les droits d’usage semblent bien établis  par les différentes pièces de procès et notamment par les témoignages des vieillards  qui comparurent devant la commission d’arbitrage. Ce sont les droits d’usage et aussi l’appellation de communes donnée à la carrière des fées  qui portèrent les habitants de Lapugnoy, en mars 1781 à réclamer la propriété de ce terrain. Pour se rendre plus ou moins compte du fondement  des réclamations des habitants de Lapugnoy, il est bon de remonter à l’acte d’acquisition de cette seigneurie du Metz par al famille de Genevieres. L’achat eu lieu en 1739. La vente était faite avec toutes les formalités judiciaires par suite d’une sorte de faillite du précédent propriétaire et l’acquéreur fut Charles François  De Genevieres De La Vasserie, époux de notre dame  Marie Anne Joseph  De Bus . Ce fut le beau-fils des ces hauts personnages Philippe Lamoral  de Genevieres, marquis de Vilfort  né à Divion le 4 janvier 1731 et marié à sa cousine  Marie Thérèse Charlotte de Genevieres  le 25 mars 1759 qui eu  comme héritier de son beau-frère à disputer  à la commune de Lapugnoy  la propriété du territoire appelé « les communes » . Ces fameuses communes étaient à riez  c’est à dire à l’état de vaine pâture  lors de l’acquisition  qu’en fit le seigneur de la Vasserie. L’acquéreur fit planter ce terrain en bois petit à petit ( la plantation se fit sur une vingtaine d’années )  de sorte que les habitants virent  diminuer d’année en année et finalement disparaître les privilèges dont il jouissait précédemment sur ces terrains. Protestèrent ‘ils ? Les archives de la mairie ne l’indiquent pas mais ce qu’elles indiquent c’est que quant à la révolution, une loi  vint à  reconnaître aux communes le droit de revendiquer contre leurs seigneurs les terres que ceux ci avent usurpé indûment, les habitants de Lapugnoy voulurent rentrer en possession   du terrain dénommé « communes »  qui leurs appartenaient disaient ‘ils. De la un long procès que les circonstances  rendirent  favorable à la commune de Lapugnoy . Ce fut la commune de Lapugnoy qui commença les hostilités. en mars 1791

, Elle fit défendre au marquis de Vilfort de toucher aux fagots qui se trouvaient  sur  le terrain dit « la commune »  et au bois qui y croissait. Le marquis n’admettant pas cette défense, l’affaire fut portée devant le juge de paix d’Houdain le 29 du même mois ( Lapugnoy appartenait alors au  canton d’Houdain) . Mr de Vilfort refuse toute discussion  et déclare que sa  possession immémoriale suffit à prouver  les droits. « Changer ne veulx » était la devise des Genevieres. Il la mis en pratique.le 19 mai 1791 il fit enlever les fagots en question…. Le garde de la commune fait un procès au voiturier.

Le tribunal de Béthune, saisi de l’affaire ordonne le 26 mai que le séquestre  sera mis sur les  fagots  qui se trouvent sur le terrain en litige et  il déclare que la  question  de la propriété sera tranchée ultérieurement.

Mr de Vilfort refuse d’admettre ce séquestre. Le 9 juin le conseil municipal lui adresse un blâme et lui offre d²’aller en conciliation  devant le juge de paix de Béthune. La tentative de conciliation eut lieu le lendemain le 10 juin, mais elle fut infructueuse. Mr Lagache receveur des rentes, plu tard guillotiné le représentait. L’affaire en resta la pendant 18 mois. Ces dix huit mois ne furent pas un temps de calme et de paix pour le Marquis car les  révolutionnaires devenaient de plus en plus  brutaux et sanguinaires. En décembre 1792, ils assiégent le château de la Vasserie à main armée. Mr de Vilfort soutint vaillamment le siège. Il réussit même à expédier toute une charge de papiers qui furent saisis plus tard chez son receveur Mr Lagache à Béthune ou les scellés furent apposés. Malgré sa  courageuse résistance le marquis finit par succomber et fut arrêté. Mr Pichois juge de paix au tribunal devant lequel il fut déféré l’acquitta et le fit mettre en liberté. Le jury devant lequel on évoqua l’affaire confirma la sentence du juge de paix d’Houdain.

Le 10 janvier 1793, le litige au sujet du bois de Lapugnoy revient devant le tribunal de Béthune qui donne pleinement droit au Marquis contre les habitants de Lapugnoy. Le 27 janvier le conseil municipal décide d’en appeler à Douai. A Douai le 23 avril  le marquis fait défaut  soit qu’il ait été arrêté de nouveau, soit  plus probablement qu’il ait été retenu ailleurs par des préoccupations  plus graves. Quoi qu’il en soit le jugement de Béthune fut cassé  et le marquis condamné par défaut. L’avoué de Mr de Vilfort interjeta appel contre ce jugement.l’affaire ayant été évoqué à nouveau, le tribunal, vu une législature  toute nouvelle en cette matière se dessaisie entre les mains d’arbitres qui devaient  trancher ces sortes de litiges.

Une première réunion d’arbitre eu lieu à Béthune le  8 nivôse an 2 (28 10 1793)  ou l’on mis les parties en demeure de fournir leurs preuves.

Une deuxième réunion d’arbitres eu lieu  les 2 et 3 floréal an 2 (21 et 22 avril 1794)  ou l’on donna gain de cause sur tous les points  à la commune  en lui accordant non seulement le lieu dit « la commune »  mais le bois tout entier. Cela s’explique facilement car Mr le marquis n’était plus la pour faire valoir ses droits. Le 2 floréal an 2 ( 21 avril 1794)  il fut guillotiné  à Arras dans des circonstances que nous racontons plus loin avec son receveur Mr Lagache. L’épouse du marquis arrêtée elle aussi fut guillotiné 10 jours après son mari le 12 floréal an 2 (1er mai 1794) .  Dans ces conditions et étant donné l’état d’esprit général  il fut facile à la commune de Lapugnoy de faire admettre ses prétentions. Il y eut pourtant  une réclamation faite  au sujet de ces bois en l’an XII (1803 1804) . Elle venait de Dordogne de ou des dames Gaudin  qui réclamaient par l’intermédiaire de leur avoué  la propriété de quantité de bois sis à Lapugnoy  et ayant appartenu à la famille de Vilfort dont elles étaient  héritières. La commune ayant produit la copie de la sentence arbitrale rendue en sa faveur, la réclamation n’eut pas de suite. ( note communiquée par Mr Emile Legrand)

 

Le bois Mahieu

?

 

La Maie ou Lametz

Le mot mez  au moyen age désignait une demeure ou un manoir avec enclos cultivé. C’est l’analogue du mas des méridionaux dont parle Alphonse Daudet  dans « les lettres de mon moulin »  cela dérive du bas latin mansus mansum, qui veut dire demeure, manoir, metz. Le lieu dit le moulin du Metz  a la même signification et veut dire  moulin du manoir. Sur le plan cadastral c’est orthographié  « la maie »  mais d’une façon générale, les plans cadastraux  sont incomplets et tronquent souvent les mots. « la maie à cause de sa forme de pétrin »

 

Les vignobles

Ce lieu dit est ainsi appelé car aux dires de certains  chroniqueurs, la vigne était cultivée  au moyen age sur les coteaux  ainsi dénommés. A chocques  il y a aussi un lieu dit « derrière la vigne »  qui perpétue  le souvenir  de al culure de la vigne dans nos pays. Cette culture au dire de certains historiens aurait duré  jusqu’au XVième siècle

 

Le chaufour

Ainsi dénommé  parce qu’il y eut longtemps à cet endroit un four à chaux

 

 

Vis à Marles

Le lieu dit Vis à Marles  est un hameau important de Lapugnoy  qui comprend aujourd’hui  environ soixante dix feux  et qui se développe de plus en plus. Il est ainsi nommé croyons-nous à cause de sa proximité de Marles, de son adhérence au village de Marles auquel il est pour ainsi dire vissé. Vis à Marles, Vissé à  Marles aujourd’hui on pourrait tout aussi bien dire Vissé à Lapugnoy car il n’y a plus aucune discontinuité de maisons entre  Vis à Marles et Lapugnoy

Viens ?  On disait au moyen age Wetz à Marles . L’étymologie proposée par Mr Coudronne est donc toute fantaisiste.

 

La houblonnière

Ainsi nommé parce qu’autrefois on y cultivait le houblon

 

Les terres à canon

 

La sole du moulin Dumetz  La sole Mondré

 

 

Bois du mont Gorguet

 

 

La fontaine du bois Nous

On appelle noue une terre grasse et humide  qui fournit des herbes en abondance  pour la pâture des bestiaux.

 

Les Bignes

 

Le pisquin

 

Les fiefs

Cette dénomination vient sans doute de ce que ce lieu dit était  autrefois  un fief ou des fiefs  c’est à dire un domaine en terre noble  qu ‘ un vassal ou des vassaux  tenaient d’un seigneur, sous condition de lui prêter  foi et hommage et de lui fournir certaines redevances.

 

Le plantin

Ainsi nommé sans doute à cause du  plantain qui y poussait en grande quantité

 

Sous les bois Fourin 

 

Les haies de Lozinghem

Ce lieu dit est un hameau de Lapugnoy composé d’un groupe de sept maisons  situé à l’entrée du village de Lozinghem aux haies de Lozinghem d’où sa dénomination haies de Lozinghem.

 

Les principaux chemins de communication sont à Lapugnoy le chemin n 70 de Chocques à Anvin

 

 

 

 

Chapitre III

 

La Seigneurie et les Seigneurs   Les Châteaux

 

Toute l’organisation sociale avant la révolution avait pour base le système féodal. Les francs entrant en Gaule comme une armée avec son général en chef, ses généraux  divisionnaires et autres officiers inférieurs s’y fixent et se partagent les terres avec subordination  des inférieurs aux supérieurs, des moindres propriétaires aux plus puissants, des vassaux aux suzerains. De cette façon toute terre, tout pays était possédé par un seigneur. C’était le système féodal. Tout d’abord ces concessions avaient été purement personnelles  sous la dépendance absolue du chef supérieur  mais les bénéficiaires réussirent à les changer en propriétés héréditaires  ou fiefs dont ils prirent les noms.

Il était rare qu’un village appartienne tout entier au même Seigneur.Il y avait ordinairement une seigneurie plus importante que les autres, puis des seigneuries secondaires. Les plus anciens seigneurs connus à Lapugnoy sont 1 : Bauduin de Béthune, comte d’Addemalle et seigneur de Chocques

2 : Mathilde de Béthune dame de ce bourg et mère de Béatrix comtesse de Guînes 

3 : Daniel de Béthune

4 : Mahaux d’Houdain

5 : les moines de l’abbaye de Chocques

6 : Jeanne Claude de Boiaval dame du Mont Sorel y demeurant   

 

1 : Bauduin de Béthune

 

Compagnon de Richard Cœur de Lyon pendant  la troisième croisade  possédait à Lapugnoy un moulin dont il fit don en 1199 aux moines de l’abbaye de Chocques. En 1202, par acte signé de l’abbé Guillaume et de plusieurs autres seigneurs de la contrée sur le point de partir pour la croisade, il assure à cet abbé Guillaume et à ses religieux les biens dont les avaient gratifiés ses prédécesseurs   dans toute l’étendue de ses terres tant à Chocques St Sauveur, Lapugnoy, St Pierre Mesnil et Eckes. Une charte scellée de son sceau atteste cette reconnaissance.

 

2 : Mathilde de Béthune

 

Possédait les viviers de Lapugnoy ainsi qu ‘en atteste le martyrologe de l’abbaye de Chocques.

 

3 : Daniel de Béthune

Possédait des viviers de Lapugnoy qu’il donna également en 1224 aux religieux de  l’abbaye de Chocques moyennant une rente de 2 sous et 2 chapons.

 

4 : Mahaux d’Houdain

 

Possédait un étang à Lapugnoy (vivarium de pugnoda)  qu’elle donna avec la pèche des viviers aux chanoines de l’abbaye de Chocques ( Ad Refectionem  Canonicorum  Claustralium :Archives départementales titre en parchemin) . Mahaut avait obtenu cette pêche  ainsi que la terre de Chocques à la suite d’un partage des biens d’Anselme son aïeul  dont elle fit héritière Aelis   sa fille  alliée à Jean De La Cauchie père de Hugues de la Cauchie   seigneur d’une partie de Chocques. (Aelis  de Calcia Domina de Chockes).Toutes ces donations furent approuvées d’Adam , évêques de Therouanne, par une charte octroyée à Mathilde  d’Halding ( Houdain)  dame de Chocques. La pêche principalement afin que les chanoines puissent en jouir paisiblement et à toujours( Histoire de l’abbaye Chocques ordre de St Augustin au diocèse de St Omer par Mr l’abbé Robert curé de Grigny).

Divers auteurs ont  aussi confondu Mahaud d’ Houdain  avec Mahaud de Béthune mère de Béatrix de Bourbourg, comtesse de Guînes. Cette erreur proviendrait  de ce qu’ils ont lu  que  Baudoin de Béthune et    l’évêque de Cambrai son frère portèrent l’un et l’autre le titre de seigneur de Chocques.

Ils oublièrent que la portion possédée par les 2 frères dans cette seigneurie  était entrée dans la maison de Béthune par l’alliance de Clémence d’Oisy, fille de Hugues  châtelain de Cambrai  avec Guillaume Ier  du nom seigneur de Béthune.

Au XVIIIième siècle la Seigneurie de Lapugnoy se partageait  entre l’abbaye de Chocques et le marquis de Lougastre qui avait acheté cette partie de la terre de Lapugnoy  au Comte de Bossu en 1703.

Nous avons trouvé dans les archives de la mairie de Lapugnoy un état des biens et des propriétaires à Lapugnoy en 1760. cet état ne comprend que des biens appartenant aux religieux ou à l’église de Lapugnoy. Il a été établi à la révolution  pour dresser un inventaire des biens nationalisés. nous en donnons  une copie   en respectant l’orthographe de ce document

 

Déclaration des biens nationaux   avec les noms des cy devant propriétaires et occupeurs et l’estimation conformément au rôle du vingtième fait et arrêté en l’année 1760

 

Mr le  curé de Lapugnoy pour la maison pré…… et la portion congrue à

sept quartiers de terre le tout estimé à trois cent vingt livres                                  cy 320.-

 

Mr l’abbée de Chocques cy. Devant propriétaire d’une ferme et dépendance

avec cent cinquante mesures et bois et vu droit d’un affermée à Jacques VIEZ

mille quarante quatre livres et neuf sols                                                                  cy 1044.9

 

Les dit pr abée AUSSY  possesseur d’un moulin à faire farine affermée à

Pierre Marie RAOUT estimé à deux cent unes livres quinze sols                            cy 201.15

 

Les dit pr abée AUSSY  possesseur d’un droit de sencier et droit Seigneuriaux

 non rapporté au vingtième du dit rôle de Lapugnoy mais estimé au centième

avec les senciers et droits Seigneuriaux de plusieurs autres villages. c’est

pourquoi nous ne connaissons plus le prix                                                                  « « « 

 

Mr le prévôt de GORRE  cy devant propriétaire d’une seigneurie vicomtière

.. estimée soixante sept livres quatorze sols cy                                                       67.14

 

Le dit sieur prévôt possède un droit dixime  affermé à Auguste WIGNERON

estimé à cinquante livres       cy                                                                               50..

 

Monsieur le  prévôt de la Beuvrière cy devant propriétaire pour le tiers de

La dixime ci dessus affermée au dit WIGNERON estimé à vingt cinq livres cy      25

 

Le dit sieur prévôt cy devant propriétaire de cinq mesures de terre affermée

à Monsieur le curé Lapugnoy quatre vingt livres cy                                                80

 

Les dames religieuses d’Houdain cy devant propriétaires de quatre mesures

de terre occupée par la veuve de Joseph DUPORT estimé

à trente sept livres dix huit sols   cy                                                                         37.18  

 

Les dames religieuses pénitentes capucines de St Omer cy devant propriétaires

d’un moulin à faire farine et quatre mesures de terre à print donné

par consentement  à Degonde PRINGRENON et consort estimé

cent quatre vingt dix sept livres dix sols       cy                                                       197.10

 

Les dames chartreuses de Gosnay cy devant propriétaires de cent cinquante

deux mesures de bois estimé neuf cent soixante neuf livres                                    969…

 

Les dts dames sont propriétaire de douze mesures et demi de terre

affermé au Sr DALENCOURT et consort estimé soixante douze livres cy             72..

 

 Les dts dames sont propriétaire d’une mesure de terre occupé par Antoine

Joseph LEGRAND estimé à dix livres  cy                                                                10..

 

Les dts dames sont propriétaire de deux mesures  de terre et bois

Non rapporté au vingtième dans nos rôles mais rapporté au rôle de  centième

Et occupé par Charles RICHEBE pouvant valoir douze livres cy                           12..

 

Les dames religieuses dit les religieuses d’Herbaut ? de Béthune cy devant

Propriétaires de cinq mesures de terre occupé par Antoine WIGNERON

non rapporté dans les rolles des vingtièmes mais rapporté aux rolles des

Centièmes 

 

Les dts dames sont propriétaire de trois  mesures de terre occupé par

François  DUJ….. ? et consort estimé vingt neuf livres  cy                                    29..

 

Les dames religieuses de la paix de Béthune propriétaires de quatre

mesures de bois  occupé par Antoine Joseph LEGRAND

 estimé à quarante cinq  livres            cy                                                                  45..     

 

Monsieur le  prévôt de la Beuvrière, les dames chartreuses de Gosnay ,

Monsieur l’abbé de Chocques  possédent  im e arous ? de dixime

Occupé par J CH LE FEBVRE estimé à cent trente livres cy                                  130..

 

 

Les révérends pères chartreux de Gosnay  sont propriétaires de cent quinze

mesures de bois sut le territoire de la Pugnoy non  rapporté dans

le rôle de vingtième du dit La Pugnoy   seulement rapporté dans le rôle de

centième par senfemes ou il est dit payé centième à Gosnay       cy                        mémoire

 

Les dames religieuses de Lillers sont propriétaires de six quarties ? de terre

occupé par Joseph DUFFRERNES non rapporté au rôle du vingtième du dit

la Pugnoy  rapporté au rôle du centième pour mémoire par ou il est dit

qu’il paye centième Allouagne                                                         cy                     mémoire

 

Monsieur le prévôt de la Beuvrière , les dames chartreuses de Gosnay ?

L’abbaye de Chocques  possédent un droit de dixime sur le terroir dudit

la Pugnoy occupé par André DE LIERRE . F .A de la liane non collegé

aux rolles de vingtième dudit la Pugnoy ni au centième. il est

seulement dit dans al répartition  payé à La Beuvrière             cy               pour mémoire

 

Nous maire et officiers municipaux de la commune de La Pugnoy certifions avoir fait cette déclaration ci dessus  pour le plus juste qu’il nous a été possible en foi de quoi nous avons signé à La Pugnoy le trente 8ème 1790

TOURSEL maire MONFROY officier DENEUX Fr greffier 

 

(Les TOURSEL  sont venus de  Valhuon vers 1750 environ à peu près à la même époque que les VIEZ. les TOURSEL à la Volte, les VIEZ à l’aliette en épousant la fille des fermiers de l’abbé de Chocques  du Vieuplez)

 

 

 

Il y avait autrefois sur le territoire de Lapugnoy quatre châteaux  dont 2 ont disparus complètement, un autre a été abandonné et un autre a été complètement transformé.

Les deux châteaux complètement disparus sont le château du Mez et le château du Mont Sorel

                                  

Le Château du Mez

Agnès de Bernicourt , mariée en 1537 à Pierre de Rouville, mort le 8 mai 1572, était fils de Jean, mort le 26 juin 1542  et d’Isabeau de Genech. Elle était la petite fille de Robert de Bernicourt, conseiller de la ville d’Arras, mort le 10 mai 1484 et de Marguerite Le Roux, dame du Mez le Béthune remariée à Jacques Berthould seigneur Du Ponchel ( Esquisses généalogiques de Mr Du Hays page 404).

La Mez était le nom d’une seigneurie  particulière dont on retrouve encore trace dans l’appellation « moulin du Mez » et « Loumetz » . Comme nous l’avons déjà dit en expliquant le mot lametz  le mot mez du bas latin  mausus mansum  désignant une demeure, un manoir avec enclos cultivé. C’est l’analogie avec le mas des méridionaux.

Il y a eu un château ou un manoir sur le monticule qui porte aujourd’hui le nom de mont Thabor et qui est situé en face du mamelon appelé la motte  Bauduin. La tradition en fait foi, l’inspection des lieux confirme les dires de la tradition et l’existence de souterrains partant de cet endroit ne laisse aucun doute a ce sujet.

Le mont Thabor s’est appelé autrefois le mont des sarrasins   et d’aucuns prétendent qu’il a appartenu autrefois aux Templiers. Ces templiers étant d’après des traditions locales anciennes en partie vêtus de rouge et avaient  la réputation d’être très difficiles. Et à propos du dicton « méchant comme un âne rouge » c²’est « méchant comme un moine rouge » qu’il faudrait dire.

Nous avons vu nous même ce souterrain  lorsque furent construites les fondations de la maison Decaudin. Le souterrain est voûté et couvert avec une sorte de tuiles épaisses et solides. Ou mène ce souterrain ? Il est impossible des s’en rendre compte aujourd’hui  car il y a solutions de continuité par suite de nombreuses maisons construites sur son parcours. Certains pensent que ces souterrains sont   peut être  des  fali….. de  tuiles a qu’on ainsi mis à jour. On a trouvé leurs pareils à plusieurs endroits dans Lapugnoy.

Impossible  aussi  de dire à quelle époque avait été bâti ce manoir, par quels différents seigneurs il fut occupé, à quelle époque il fut abandonné et détruit. Il n’existe aucun document à notre connaissance à ce sujet et la tradition des habitants est muette sur ce point.

Ce que nous savons uniquement c’est que la seigneurie du Mez fut vendue à la famille De Genevieres .

Une notable partie de cette seigneurie du Mez et notamment la colline sur laquelle s’élevait l’habitation du seigneur  ne fait plus partie de notre territoire. Elle a été annexée à la commune de Labeuvrière grâce à l’influence de Mr Bassecourt maire de cette commune et membre du district de Béthune lors de la délimitation définitive des deux communes. ( voir dans les archives de l’église des documents sur les agissements de ce fameux Bassecourt  qui disait que l’église de Labeuvrière était sale et mal entretenue sous prétexte  que le prêtre voulait la blanchir)

On trouve aux archives de Lapugnoy un état du territoire vers 1790 date à laquelle on a du partager ce territoire en douze sections. Les deux premières celle de l’Ayette St Christine et celle de l’Epinette ont été enlevées à Lapugnoy.

Elles se délimitent comme suit :

1 : la section A connue sous le nom de l’Ayette  Ste Christine tenant du levant au territoire de Labeuvrière, de midi aux bois de Labuissière, de couchant au courant qui vient de l’ermitage

et de vers mer au chemin de Lapugnoy qui conduits aux riez de Labeuvrière.

2 : la section B connue sous le nom de l’Epinette tenait du levant au ruisseau de l’Ayette Ste Christine, de midi au chemin de Lapugnoy  qui conduit aux trous  à diale et vers mer à la rivière la Clarence. C’est sur cette deuxième section que se trouve l’emplacement du château du Mez dont on trouve des traces bien évidentes  dans le bois qui couronne le mont Thabor. Il y a la deux monticules tellement abrupts qu’ils ne peuvent être naturels. La tradition a toujours conservé la mémoire de ce château et de surplus des titres authentiques y font allusion (notes communiquées par Mr Legrand) .

Cette ablation de territoire faite à Lapugnoy  est une injustice et une absurdité  c’est une injustice car elle a été faite uniquement pour servir les intérêts d’un homme du sus dit Bassecourt  qui voulait avoir sous sa dépendance  la Calonnette  petite rivière de  déversement sur laquelle il voulait établir un moulin

Le premier pluviôse an XI (  21 janvier 1803) Mr Bassecourt demandait à être autorisé à faire une saignée à la Clarence pour augmenter le débit de la Calonnette. Les riverains protestèrent notamment Mme  de Blanville et ce projet n’eut pas eu lieu.

C’est une absurdité car cette ablation fait qu’un territoire et des habitations situées en face et à quelques mètres de l’église et de la mairie de Lapugnoy  ne dépendent ni de l’église ni de la mairie de Lapugnoy  mais de l’église et de la mairie de Labeuvrière  dont ils sont séparés par une plaine et éloignés d’une distance d’une demi-heure environ. Au point de vue religieux  cet état de chose est désastreux. Le curé de Labeuvrière abandonne  presque complètement cette partie de sa paroisse ou il n’apparaît que quand il y a un casuel à toucher ou une quête à faire.

Le curé de Lapugnoy pour ne pas ne pas avoir l’air d’accomplir cette chose odieuse qu’un théologien célèbre a stigmatisé par cette appellation  « Jeter sa faulx dans la moisson d’un autre » «  Metere falcum in messum alienam » ne s’occupe pas de  paroissiens sur lesquels il n’a pas juridiction, qui ne sont pas les siens, dont il ne peut s’occuper sans ….. les susceptibilités du vrai curé. Ainsi il arrive que ces pauvres gens soient comme un troupeau sans pasteur et vivent dans foi ni loi.

Les habitants de Lapugnoy  ont à diverses reprises protesté  contre l’annexion  à Labeuvrière d’un territoire que la nature indique devoir être le leur et  qui leur a appartenu pendant  des siècles. Nous trouvons trace de ces réclamations aux registres des délibérations du conseil municipal  de Lapugnoy à la date du 25 septembre 1826.

On propose à la commune de Lapugnoy de curer la rivière de la Clarence en 1827. le conseil n’en voit guère la nécessité mais il  demande  en revanche que la petite rivière la Calonnette  soir relevée et curée sur tout son parcours jusqu’à Chocques . Le conseil se plaint de l’enlèvement   fait autrefois sur demande de Mr Bassecourt ( alors membre du district)  d’une partie du territoire de Lapugnoy annexé à Labeuvrière pour servir les intérêts du dit Bassecourt qui voulait avoir sous son autorité presque tout le cours de la petite rivière sur laquelle il voulait établir un moulin. Les cultivateurs des champs ainsi enlevés à Lapugnoy voudraient bien revenir à l’ancien ordre des choses  si possible. Cette réclamation nous parait beaucoup trop anodine pour avoir été écoutée.

 

Le Château du Mont Sorel 

 

Le mont Sorel est situé  au Nord Ouest de Lapugnoy tout proche du territoire d’Allouagne  à environ 500 métres du château de la Vasserie. La tradition a conservé le souvenir de l’existence d’un château au mont Sorel à l’endroit ou se trouve aujourd’hui une prairie.

On trouve à la mairie des documents qui font mention des habitants du mont Sorel.

L’acte de l’état civil du 31 avril 1643 mentionne le baptême en l’église d’Allouagne d’une fille à Mgr  de Santhord  allié à dame Claude de Boyaval fille du seigneur du mont Sorel non mariée Jacqueline Florence

Aux acte de l’état civil en 1658 le dernier jour de juillet naissance de Françoise Béatrix de Hautfort. E F les actes de 1659- 1661 et suivants

L’acte de l’état civil du 3 février 1714  indique la naissance d’un garçon de Louis Joseph Carpentier fermier du mont Sorel et de Marie Madeleine Bicault son épouse.

L’acte de l’état civil de 1761 est ainsi conçu :

« L’an de grâce 1761 le 2 juillet est décédé Pierre Philippe Covet  vivant dans le célibat âgé de 70 ans environ  demeurant au mont Sorel lequel  n’a reçu que le sacrement de pénitence n’y ayant pu venir en temps pour lui administrer les autres, fils de feu Jean Baptiste et défunte Marie Catherine Couteau et le lendemain son corps fut conduit dans l’église de Lapugnoy sa paroisse par moi curé soussigné et lui ay chanté le service solennel sur le corps après le quel service à la prière des parents ai reconduit le corps jusqu’au terroir d’Allouagne ou j’ai trouvé le curé de la dite paroisse avec son vicaire et sa confrérie auquel j’ai cédé le cadavre …… de ma paroisse auquel  cou .. ?  abandon du corps avec les conditions……

Présents :Jean Baptiste Bourdon son fermier et les autres soussignés

Signé J B BOURDON      Jacques DEVART            A BOCQUILLON  curé

L’acte de l’état civil  du 28 février 1763 porte : mort de Marie Josèphe Monfroy  49 ans épouse de Louis Moulin fermier du mont Sorel

L’acte de l’état civil  du 13 mai 1766 porte : naissance d’un fils à Louis Moulin fermier du mont Sorel ( remarié). de même l’acte d’état civil du 20 janvier 1768 et du 17 février 1769

Dans les archives de la Morinie se trouve le testament de Jeanne Claude de Boiaval dame du mont Sorel y demeurant. Ce testament signé de la testatrice et de M Bougeois curé de Lapugnoy est entièrement illisible du moins pour nous. Nous n’avons pu y lire que la fondation d’un obit lequel obit aurait été fondé sur la cense de la Motte ( cense de la motte de Divion et non de la motte Bauduin) .

Sur ces documents il résulte qu’il y avait sur le mont Sorel un château ou manoir dans le quel est née Françoise Béatrix de Haufort , dans lequel est mort René Philippe Capret enterré à Allouagne après un service solennel à Lapugnoy , dans lequel a habité Jeanne Claude de Boiaval.

Dans ces documents il ressort en second lieu il y avait au mont Sorel tout proche du château, attenant au château  une ferme habitée par la famille Moulin. ( On croit aussi que le château du mont Sorel après avoir été habité longtemps par les seigneurs de ce nom car on les voit figurer à  une très haute antiquité dans différents actes a été abandonné par eux sans doute à la suite du mariage de la dernière héritière.le château sera alors devenu une simple ferme comme l’était le mont Eventé avant la derniere reconstruction en 1781.          les registres de catholicité donnent plus d’actes que Mr le curé n’en a copié. C’est à Allouagne  que l’on aurait chance de trouver des renseignements sur ce point. 

 

Le Château du Mont Eventé

La terre du mont  Eventé appartenait au XVI ième siècle à Anne de Ranchicourt , vicomtesse et baronne de Barlin , dame de Ranchicourt , de Durons , de Rouiy ( Ruitz) , du Mesnil , de Herrin , de Wasquehal , de Tostre ? , du Mont Eventé. Cette Anne de Ranchicourt  fut mariée le 18 juillet 1533 à Guy de Bournonville chevalier seigneur de Caspres , de Houreck , de Lanvin, de Montigny  ….. baron de Haulefort mort  à la fin de 1544.

De Guy de Bournonville et Anne de Ranchicourt, la terre passa  à Ouelart de Bournonville marié le 22 octobre 1579 à Marie Christine d’Egmont.

De Ouelart de Bournonville et Marie Christine d’Egmont  , elle passa  à Alexandre Hippolithe Balthazar de Bournonville , duc et prince de Bournonville marié le 16 mai 1656 à Jeanne Ernestine Françoise princesse de Aremberg 

De Alexandre Hippolithe Balthazar de Bournonville et Ernestine Françoise princesse de Aremberg  elle passa à Alexandre Albert  François Barthélemy duc et prince de Bournonville marié le 29 août 1682 à  Charlotte Victoire d’Albert de Luyes puis à Delphine Victoire de Bournonville née le 23 octobre  1696  vicomtesse et baronne de Barlin , dame du Mesnil, de Ruit, de Ranchicourt, de Rebreuve , d’Estreel , de Fratu , du Mont Eventé amarié à Victor Alexandre de Mailly , marquis de Mailly .

La terre du Mont Eventé  a été vendue le 4 septembre 1722 au Sieur Jean Charles Delvignes écuier.

En 1782 la seigneurie du Mont Eventé passe dans la famille Du Hays  par le mariage de Jacques  François Joseph Sylvain Du Hays  de la …… ? avec Marie Françoise Charlotte de la Vigne dame du Mont Eventé. La famille Du Hays entrée par cette union dans la seigneurie du Mont Eventé remonte à une très haute antiquité. Son origine est écossaise. Les anciens historiens racontent que sous le règne de Kermeth III, en 980, les Danois ayant vaincu les Ecossais à la bataille de Lomarty, un habitant de la contrée accompagné de ses 2 fils parvint à arrêter les fuyards, à les ramener au combat, et à sauver le royaume. Après la défaite   entière des danois l’intrépide vieillard, blessé et accablé de fatigue  et couché sur le champ de bataille répétait le cri d’encouragement Hay ! Hay !Hardi ! Hardi ! qui devint dès lors le nom de sa postérité ! Il fut l’objet des plus grands honneurs et il reçut à titre de récompense du service qu’il venait de rendre à la patrie toute l’entendue du pays  qu’un faucon lâché  parcourut en son vol. La pierre sur laquelle l’oiseau se fixa est encore nommée dans la contrée de Gowy la pierre du faucon. Cet homme