Généalogie

 

 

 

 

MONOGRAPHIE

 DE LA COMMUNE DE

LOZINGHEM

                                                    Par DROUVIN    1899                                                 


Plan de Lozinghem en 1899

Nom

 

            L’origine de Lozinghem se perd dans la nuit des temps. Il en est question pour la première fois au XI siècle et il  s’orthographiait alors Lothinghem. Il est assez difficile de déterminer le sens du préfixe ; quant au suffixe « ghem » qui se trouve dans un grand nombre de localités du boulonnais et de l’ancienne Morinie , il signifie habitants.

           Le village ne comprend qu’une seule agglomération, sans hameau. Le terroir est très restreint, sa superficie est de 300 hectares. Je citerais quelques-uns uns de ses divisions ou lieux dits. Le canton dénommé « auxdessus des vallées » renferme des terrains calcaires et pauvres dominant un vallon allant d’Auchel à Marles ou passe actuellement le chemin de fer des mines. Des terrains de même nature et élevés se trouvant au nord ouest de la commune, ont été justement nommés «  Le Caumont ».

         « Le cerisier » a été ainsi désigné parce qu’un arbre de ce nom y croissait autrefois. Des terrains en pente, faisant face au soleil levant ont reçu le nom de « champ doré ». On relève en outre « le bois bray », « le champ l’abbé », « le fossé d’honneur ». 

 

Géographie Hydrographie

          Lozinghem est situé par 50° 40’ de latitude nord et par 0° 10’ de longitude est. Son altitude est de 67,75m au-dessus du niveau de la mer. La clarence rivière située à 1 km de Lozinghem, coule dans la première partie de son cours entre deux collines assez rapprochées. La colline placée à la rive gauche forme un massif assez important se détachant des collines d’Artois à Fiefs ,Nédon et Sains. Ce contrefort vient se terminer par une ligne droite située entre Marles et Burbure, sauf le long de la rivière ou il se prolonge jusqu’à Chocques.

        Le village de Lozinghem est placé juste au bas de ces collines et à partir de là commencent les pays des plaines aux horizons si larges. Placé sur le point le plus culminent de Lozinghem, c’est à dire au « champ l’abbé », la vue embrasse un magnifique panorama. Au sud-ouest on aperçoit les sommets des collines d’Artois sur le flanc desquelles s’étagent de nombreux villages à l’aspect boisé . Au levant , l’horizon est limité par les collines qui décrivent un immense arc de cercle enserrant vallée de la clarence jusqu’à Chocques. Au Nord ce sont des plaines immenses à peine interrompues par les villages et le regard plonge jusqu’au mont Cassel, dominant Lillers et les hauts fourneaux d’Isbergues. Enfin on peut suivre le développement du bassin houiller par les hautes cheminées dégorgeant des nuages de fumée épaisse. Par une journée claire d’été, le spectacle est ravissant.

         Il n’y a à Lozinghem aucune rivière. Les eaux surabondantes produites par les pluies violentes ou prolongées alimentent les abreuvoirs, ou rejoignent par des fossés une petite rivière qui commence à Allouagne et qui se jette bientôt dans la Clarence.

        Les eaux font ici souvent défaut. Il y a bien quelques sources peu abondantes, mais elles sont situées assez loin du village et les puits manquent souvent d’eau. Aussi pendant les années sèches les cultivateurs sont obligés de s’approvisionner à la Clarence.

Les bois qui, naguère occupaient une bonne partie du territoire ont presque entièrement disparu. Dans la première partie de notre siècle, il ne reste plus que quelques bouquets de bois dont la superficie ne dépasse pas 2 hectares. Les bénéfices procurés par la culture sont uniquement la cause de ce déboisement, qui d’ailleurs n’a aucun inconvénient pour notre région. 

      

 

 

 

 

         Le territoire de la commune de lozinghem est divisé par le milieu en 2 parties bien distinctes : la partie orientale est formée de plaines aux terres franches et faciles à travailler. La partie occidentale aux montées assez fortes est composée de terres compactes parfois calcaires et de moindre rapport, mais formant toutefois une bonne moyenne de production. 

Le sous-sol vient encore augmenter sa richesse. Il renferme un important gisement de charbon, qui est entièrement compris dans la riche concession des mines de Marles.

         Lozinghem, placé sur le revers septentrional des collines qui dominent la Clarence, est bien pris des vents du Nord et de l’Est, ce qui en rend la température assez froide ; mais l’air y est bien renouvelé. On n’y trouve pas de rivière, ni de marais. Aussi le climat est très sain et on n’y a jamais eu à déplorer aucune épidémie sérieuse.

        Il y a une trentaine d’années, la culture s’occupait beaucoup de plantes industrielles : betteraves, oeillettes, lin, etc. mais depuis que le prix de ces denrées a diminué, on ne cultive guère que les céréales les denrées alimentaires. On s’appliquera surtout à former des prairies naturelles et artificielles pour la nourriture des vaches dont les produits s’écoulent bien facilement par suite de l’abondance des ouvriers mineurs.

 

Histoire

Origine de la commune

 

       C’est au XI ième siècle qu’il est fait pour la première fois mention de notre village. Il portait le nom de Lothinghem. L’époque de sa transformation en Lozinghem n’est pas connue.

 

Moyen âge jusqu’à la révolution.

 

        Le chevalier Clerbault, fondateur du prieuré de Rebreuve, en était le seigneur en 1097, et l’abbaye de ST Vaast y avait des rentes en 1344.

       Au XVIIème siècle la terre de Lozinghem  était la propriété de Barbe Desplanques Béthune qui épousa vers 1580 Antoine De Guiselin , écuyer. La petite fille de ce dernier, Marie Jacqueline De Guiselin, dame à  Lozinghem, apporta cette terre par contrat de mariage du 28 janvier 1669 à Robert Dominique De Nelle. Leur fils Georges François De Nelle épousa Ernestine Pélagie D’anthin. 16 actes de baptême inscrits aux registres de la paroisse attestent la fécondité de cette union. Le droit d’aînesse forçait les enfants puînés à émigrer dans les abbayes, dans l’église ou dans l’armée. La tradition rapporte que l’une des filles du précédent seigneur, placée dans un monastère malgré sa volonté, s’échappa et revint au milieu de sa famille et préféra se livrer aux travaux de la ferme avec les servantes que de retourner au cloître.

        Leur fils aîné Georges Albert De Nelle hérita la terre de Lozinghem. Il siégea comme son père et son aïeul aux états nobles de la province d’Artois jusqu’en 1789.

       Sa fille héritière : Marie Louise Camille De Nelle épousa François Guislain Le Jay. Ils eurent 2 filles : Louise Albertine et Aglaé Guislaine. Cette dernière épousa en 1817 Louis De Beugny, D’hagerue  Amédée, leurs fils existe  encore aujourd’hui.

 

 

 

 

 

 

 

Période révolutionnaire – période moderne 

 

        La révolution, la terreur ne paraissent pas avoir beaucoup troublé Lozinghem. On ne connaît aucune délibération relatant les grands événements de cette époque et les souvenirs des vieillards sont très vagues. Le seigneur avait pris le chemin de l’exil et la paisible population laissait faire les événements.

        La commune de Lozinghem fit d’abord partie du canton de Lillers. La division administrative de l’an VIII la rattache définitivement à Norrent Fontes.

       La municipalité du 14 octobre 1789 comprenait les noms suivants : Lanvin, Deligny, Gamblin Séraphin, Denissel. Ce dernier fut maire jusqu’en 1803 et eu pour successeur Le Jay De Nelle qui occupa ces fonctions jusqu’en 1831. Viennent  ensuite Adrien Legrand (1832-1834),Gamblin(1832-1848), Amédée DeBeugny D’Hagerue(1848-1884),Lefebvre Philogone(1884-1886), Amédée DeBeugny D’Hagerue(1886-1891), Lenoir Omer depuis 1891.

       Gamblin dota la commune d’une école communale et les deux traverses du village furent améliorées et empierrées.

       Amédée DeBeugny D’Hagerue ouvrit deux chemins pour la culture en prolongeant la ruelle Cléry et en construisant le chemin de Pernes. L’école fut en partie restaurée mais ce qui rappellera longtemps son souvenir : ce sont les deux donations importantes qu’il ait faites : l’église et le presbytère, qu’ils paya de ses deniers.

      Par ses libéralités de toutes sortes, Amédée DeBeugny D’Hagerue exerça une grande influence sur la commune et jusqu’à ces derniers temps, les élections  furent toujours favorables aux candidats chers à son cœur, et hostiles au gouvernement de la république.

     L’administration de mr Lenoir fut bien comprise : L’eau faisant  souvent défaut, un abreuvoir et un réservoir furent établis. L’acquisition du chemin Riquet donna accès au cimetière et un débouché à la partie la plus importante du terroir.

        Il ne nous reste que quelques traces de l’occupation étrangère de 1815. Le sentier des anglais, rappelle le chemin suivi par eux pour aller faire de l’exercice dans les champs situés à l’extrémité du terroir ou on donnait également la bastonnade aux militaires indisciplinés.

        Pendant la guerre de 1870, la majeure partie des soldats de Lozinghem se trouvaient avec Faidherbe à Bapaume et à St Quentin. Quelque uns étaient à La Fère. Ils furent faits prisonniers et conduits à Amsbach en Bavière. Deux de ces derniers périrent. Delmarre chercha à s’échapper et fut tué par une sentinelle prussienne. L’autre Durant Séraphin mourut de la variole. 

 

Culte et Affaires Religieuses

        La population de Lozinghem est entièrement catholique. Cependant il y a quelques années, un pasteur venait y exercer le culte réformé, qui était suivi par une douzaine d’adeptes, mais l’un des deux devint fou et ses excentricités étant relatives à la religion, personne ne se rendit plus au temple.

        Au siècle dernier la population de Lozinghem atteignait à peine 300 habitants, cependant ce village paraît avoir toujours formé à lui seul une paroisse qui faisait partie de l’évêché de Boulogne. Pendant deux ans en 1819 et 1820, il fut annexé à Burbure. La paroisse de  Lozinghem fait actuellement partie de doyenné de Norrent Fontes et de l’évêché d’Arras.

        La fabrique possède environ 60 ares de terre à labour dont le revenu est d’environ 50 ¤ qui joints à quelques fondations et au produit des chaises donnent une somme totale d’environ 400 frs . La cure y compris le traitement fixe du prêtre peut rapporter au desservant environ 2000 frs.

         Les registres paroissiaux remontent à 1715 avec une interruption de 12 ans de 1792 à 1804.

Voici la liste des prêtres qui se sont succédés depuis cette époque jusqu’à aujourd’hui sauf pendant la révolution ou on ne trouve aucune trace de leur séjour.

 

HANOTTE

1715 - 1741

GRIBOVAL

1741  1756

CREPIN

1756  1760

PINGRENON

1768  1769

DE LESPINE

1770  1778

NEUVEGLISE

1778  1781

PREVOT

1781  1791

LEMAIRE

1791

WILLEREZ

          1816

DELEMOTTE

1816  1818

BOURGEOIS

1818  1820

FROMENT

1820

DUBOIS

1820  1826

RINGOT

1826  1853

BARBE

1853  1857

CARPENTIER

1857  1878

BARBE

1871  1879

PASQUIER

1879  1882

BRUNET

1882  1884

HESSE

1884  1889

MARTEL

1889  1898

DUVIVIER

1898

   

Assistance Publique

        La commune de Lozinghem n’a ni hospice, ni hôpital et rien n’indique qu’elle ait été mieux partagée autrefois. Le bureau de bienfaisance ne possède aucun bien meublé, ni immeuble. Il est alimenté par une subvention communale. Les indigents y sont d’ailleurs peu nombreux. Les ouvriers travaillant presque tous aux mines ont des salaires élevés. En cas de maladie, ils reçoivent des secours en argent. Les médecins, les médicaments leur sont fournis gratuitement. Dans  leur vieillesse ils ont une retraite. Depuis 1893, il y a une société de secours mutuel qui fonctionne fort bien. Elle ne compte que vingt cinq membres, mais elle a un fonds de réserve de plus de mille francs.

 

Instruction Publique

        L’enseignement primaire paraît avoir été négligé au siècle dernier. Peu de personnes signaient aux registres de baptême qui remontent à 1715. Les quelques signatures qu’on y rencontre sont du à un petit  comité d’habitants : Cléry, Legrand, Normand, Mordacq, Berrier, Poiriez, Lanvin, Debuire, Hermant.

        Les clercs de la paroisse ont été successivement  Cléry Barthélémy 1747, Brassart 1751, Hermant Jean Robert et son fils François depuis 1757 jusqu ‘au commencement de notre siècle. A leurs fonctions de chantre, ils ajoutaient sans doute celles d’instituteur. Mais cette désignation n’apparaît pour la première fois qu’en 1783 dans un acte de décès ou il est dit : « en présence de Jean Robert Hermant, clerc et maître d’école ».

        A partir de ce  moment, il est probable que la commune a toujours eu un maître d’école en dehors du prêtre. Cependant sous l’empire, je n’ai relevé qu’un seul nom : celui de Hennebert Emmanuel. Nous avons ensuite à partir de 1820 : Flament Jean Baptiste qui tenait l’école dans sa propre maison occupée actuellement par la veuve Lustre-Dubout. Aux fonctions d’instituteur, il ajoutait celles de cultivateur, chantre, fossoyeur, sonneur, etc.  comme cela se passait d’ailleurs dans la plupart des villages.

Mais la loi Guizot vint et il fallut une école plus convenable. Après plusieurs résistances, la commune acheta une maison appartenant à Mr Gamblin, mais     Flament Jean Baptiste préféra démissionner que de changer de logis(1847). Les instituteurs suivants occupèrent successivement l’école de Lozinghem qui était et est encore mixte. Royer (1847-1849) ; Gallet(1849-1855) ; Crunel(1855-1856) ; Gallo(1856-1876) ; Robidet(1876-1882) ; Drancourt(1882-1888) ; Drouvin(1888-1914).

La classe était devenue trop petite et ne remplissait plus les prescriptions réglementaires. Aussi en 1879 le conseil municipal vota la reconstruction partielle de l’école comprenant au rez de chaussée la salle de classe et à l’étage la mairie et une chambre à coucher qui avec le reste du local formèrent le logement actuel de l’instituteur.

        Vers 1878, à coté de l’école publique s’était élevé une école privée de filles. Elle était tenue par des religieuses de l’immaculée conception. Mais la famille de Mr D’Hagerue a quitté Lozinghem, il y a environ 3 ans et l’école n’étant plus subventionnée, elle a été fermée. Le surcroît d’élèves que cette suppression a amené à l’école mixte, l’accroissement rapide de la population, ont décidé le conseil municipal a créer une école de filles qui sera incessamment ouverte.

        Au budget de 1827, en ce qui concerne l’enseignement primaire, on trouve une dépense de 50 frs pour «indemnité de logement de l’instituteur ». En 1838 l’instituteur avait  200  frs de traitement. On lui allouait en outre 50 frs pour la location de l’école qui était sa propre maison et le taux mensuel de la rétribution scolaire était ainsi fixé : 0,30frs pour nommer les lettres et épeler, 0,40 frs pour lire et écrire, 0,50frs pour lire écrire les éléments de la langue française et du calcul.

En 1845 le taux était respectivement élevé à 0,60frs, 0,75 frs, 1 frs.

En 1854 le taux unique était de 0,75 frs pour s’élever à 1,50 frs en 1875

En 1845 il y avait 40 élèves dont 15 gratuits, garçons et filles, il y en a actuellement 90.

Le nombre de certificats d’études obtenus par les élèves de l’école publique depuis 1874 est de 30 ; celui de l’école libre est de 2.

 

Juridiction

        Sous l’ancien régime, Lozinghem faisait partie de la gouvernance ou bailliage de Béthune qui connaissait à peu près les mêmes délits que nos tribunaux civils et correctionnels de 1ère instance.

        Au-dessus, il y avait le conseil d’Artois qui avait une juridiction assez semblable à celle des cours d’appels actuelles.

Le parlement de Paris jugeait en dernier ressort.

Les contraventions, les délits peu importants étaient jugés par le seigneur qui avait à peu prés les mêmes pouvoir que nos juges de paix.

 

Finances

        La commune de Lozinghem ne possède ni bois, ni marais, ses revenus les plus importants sont la taxe municipale sur les chemins, le produit des concessions dans le cimetière. Le budget des dépenses a passé par les phases suivantes :  en 1822  212,82frs ; en 1832 271,86 frs ; en 1842 662,82frs ; en 1856 1175frs ; en 1865 1303 frs ; en 1875 1636 frs ; en 1885 2768 frs ; en 1898 3522frs ;

        Des multiples contributions qu’on payait sous l’ancien régime, la dîme et la corvée paraissaient surtout pénibles à nos pères car leur écho de génération en génération est parvenu jusqu'à nous.

        Dans cette lutte d’intérêts, les villageois faibles et désarmés d’une part, le seigneur, le clergé tous puissants de l’autre, les premiers devaient naturellement succomber et subir les exigences, souvent exagérées et arbitraires des seconds.

        Les paysans n’avaient pas le droit de rentrer leurs récoltes avant que le prêtre décimateur eut passé dans les champs et prit sa part.

        L’usage de quêter les gerbes après la moisson qui existe encore aujourd’hui au profit des fabriques est un reste de l’ancienne dîme, seulement cet impôt d’obligatoire est devenu facultatif.

        Si la corvée servait les intérêts particuliers des seigneurs, comme dans les réparations au château, le curage des fossés, elle s’étendait à tous les chemins de la commune et profitait alors à la généralité des habitants.

 

Affaires Militaires

               

        Les vieillards racontent que le seigneur de Lozinghem avait des fils dans l’armée. Quand ceux ci revenaient, ils tachaient d’engager des jeunes gens pour une somme modique et ils en faisaient « présent au roi ». Il en résultait sans doute de l’avancement pour les cadets du seigneur, mais les soldats embauchés soupiraient longtemps avant de revoir le clocher de leur village.

        Le recrutement annuel a été ici assez variable : en 1856 4 conscrits ; en 1886 3 conscrits ; en 1876 6 conscrits ; en 1886 5 conscrits ; en 1890 2 conscrits ; en 1896 11 conscrits ; en 1898 8 conscrits ;

 

Agriculture, Commerce, Industrie, Statistiques

        Dans la première partie de ce siècle, l’agriculture, par ses prix plus rémunérateurs a fait disparaître 2 bois importants : le bois de Marles ; le bois l’abbé. Naguère encore, l’exploitation du terroir était presque entièrement partagée entre trois ou quatre fermes ; mais les mines ont fait élever le prix de la main d’œuvre et la culture s’est émiettée entre un nombre plus considérable de petits cultivateurs pouvant faire eux même leur travail et les fermes d’autrefois ont servi à établir des logements d’ouvriers.

        La culture ne s’occupait autrefois que de céréales. Sous le second empire, on consacra une large part aux plantes industrielles qui aujourd’hui sont remplacées par des prairies naturelles et artificielles.

        L’assolement est triennal et les loyers ont une durée de 9 années. Les fermages se soldent en espèces. La coutume d’ajouter au prix du loyer quelques pièces de volaille, ce qui se pratiquait encore naguère, a complètement disparu.

        Toutes les parties du terroir sont exploitées. On ne trouve ici ni friche, ni marais.

La voie ancienne et rectiligne d’Houdain à Lillers, laisse Lozinghem à l’ouest et à une distance de 300 mètres.

        Les chemins ne sont empierrés que depuis une cinquantaine d’années, et ils étaient impraticables dans la mauvaise saison. Aussi la Toussaint arrivée, on enlevait la partie sèche des haies afin de passer à travers les jardins et pâtures.

Actuellement deux bonnes routes se croisent dans notre localité. : les chemins de Sains en Gohelle à Aire et de Cauchy à Réveillon.

        La seule industrie qui se soit établie ici est la fabrication de la toile. Il ne s’agit pas bien entendu de fabrique, mais chaque ouvrier faisait à la main la toile chez lui. La profession de tisserand se relève jusqu’en 1850. On la rencontre dans les actes pendant tout le siècle dernier. Cette industrie rudimentaire a disparu vaincu par le machinisme et a déserté nos campagnes au grand profit des villes.

        Le sous-sol de notre commune renferme de la houille et fait partie de la concession des mines de Marles. ; mais il n’y a aucun puits d’extraction sur le territoire de Lozinghem.

       Cependant, une bonne moitié de la population est occupée aux mines, soit à Bruay, soit à Auchel.

Cela   a contribué à l’augmentation de la population qui après être restée longtemps entre 200 et 400 habitants, en  compte aujourd’hui plus de 600. voici par période décennale les recensements de la population. En 1846 , 312 h , en 1856 , 316 h ; en 1866 , 374 h ; en 1876 , 420 h ; en 1886 , 456h ; en 1896 , 571 h .

 

Grand Hommes

 

 

        Si Lozinghem , n’a pas donné le jour à Cléry, le fidèle serviteur de Louis XVI , il est acquis qu’il avait des attaches avec une famille de Lozinghem. Vers 1720 on trouve le nom de Cléry aux actes de baptêmes. En 1747, Barthélémy  en était clerc. Il a encore aujourd’hui des descendants.

        Ces derniers racontent que leur oncle Jean Baptiste Cléry qui vivait au temps de la révolution aimait à se faire lire le testament de Louis XVI  dans le quel il était dit que le roi donnait sa montre en or à son fidèle serviteur Cléry. Et au souvenir de son « cousin Cléry » il pleurait. On trouve ici une ruelle Cléry.

 

Archéologie constructions

        Il y a une cinquantaine d’années le château n’avait rien de bien luxueux : c’était une simple construction à étage à laquelle s’ajoutaient des bâtiments ruraux pour l’exploitation des terres du seigneur.

        Mr D’ Hagerue Amédée, lui a fait subir une transformation complète. Il a ajouté deux ailes avec tourelles surmoulées de clochetons. L’intérieur fut richement sculpté. De magnifiques boiseries, des parquets en mosaïques ornaient  les principales pièces. Un parc de 9 hectares, bien dessiné, bien planté, avec nappe d’eau était le complément de cette agréable demeure.Le nouveau propriétaire a fait disparaître, en grande partie, les plantations et a mis le tout à usage de pâture.

        L’église actuelle est toute récente. Elle est due à la libéralité de la famille de mr D’Hagerue. La première pierre a été posée le 8 juillet 1866 par mr le doyen de Norrent Fontes et l'église a été consacrée le 20 juillet 1871 par Monseigneur Lequette. Elle est de style ogival du XVI ème siècle. Son chœur ogival, ses riches vitraux, ses nervures légères et hardies, son transept en font une charmante construction à laquelle on reproche seulement d’étre  un  peu trop étroite.

         Le clocher d’une hauteur  de 35 mètres est digne de l’église. Il est tout en pierre. C’est une tour carrée surmontée d’un cône flanqué de quatre clochetons. La pierre taillée à jour lui donne une légèreté admirable. L’ancienne église qui était très petite et d’un aspect tout à fait pauvre a entièrement disparu.

        Le village de Lozinghem et très aggloméré. De nombreuses  maisons d’ouvriers se sont glissées entre les anciennes constructions agricoles et les habitations resserrent de plus en plus. Les toitures  de chaumes ont entièrement disparu.

 

Lozinghem , le 18 avril 1899   par Drouvin    instituteur